Bersarin Quartett

S/t

(Lidar / Import)

 date de sortie

13/02/2008

 genre

Electronique

 style

Ambient / Electronica / Néo-Classique / Post-Rock

 appréciation

 écouter

5 MP3 (extraits)

 tags

Ambient / Bersarin Quartett / Electronica / Jean-Michel / Lidar / Néo-Classique / Post-Rock

 liens

Jean-Michel
Lidar
Bersarin Quartett

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Après un album de Jasper TX il y a tout juste un an, voici la deuxième sortie du discret label allemand Lidar. Discret n’est pas vraiment une critique puisque doucement, le label pose ses marques, travaille ses choix, et trace son chemin avec pour ligne directrice, un son, une épure, et des émotions.

Bersarin Quartett est un mystère, ou semble vouloir l’être. Le dossier de presse ne donne que le prénom de l’artiste, Thomas, allemand. Il s’agit là de son tout premier album, et il mène ce projet en solo contrairement à ce que le nom laisserait à penser. Un premier album qui a mis du temps à voir le jour puisque ses premiers morceaux figuraient déjà sur quelques compilations depuis deux ans, mais à l’écoute de l’album ce délai ne nous surprend pas. Le son est absolument impressionnant, propre, léché, à se demander s’il ne s’agit pas là du travail d’un producteur perfectionniste. Le son est clair, limpide, de quoi satisfaire tout amateur de musique électronique. Pourtant l’acoustique y tient une place capitale puisque l’on se rapproche assez souvent du néo-classique avec ensemble de cordes (Oktober), violoncelle menaçant, voire même terrifiant (Inversion), piano ou encore clarinette. Avec une finesse et une subtilité impressionnante, l’électronique s’immisce, de manière un peu facile par superposition de nappes, plus habile en travaillant sur des sonorités proches d’instruments acoustiques, ou plus franchement, que ce soit par l’ajout de claquements rythmiques, ou d’explosions électroniques sur Geschichten von interesse, sans parler des classiques grésillements et craquements.
Si le style au croisement de l’electronica, de l’ambient et du néo-classique n’est pas si nouveau, l’Allemand va lui un peu plus loin, en particulier dans son utilisation de la batterie. Lourde et downtempo sur Geschichten Von Interesse, lorgant plus tard vers un jazz contemplatif (Die dinge sind nicht so wie sie sind) appuyé par quelques cuivres, douce et chuintante quand les balais viennent délicatement frotter les fûts (Es kann nicht ewig winter sein), d’une utilisation plus classique sur un Endlich am ziel très post-rock avec ses guitares métalliques.
L’album pourrait se résumer à un seul titre, le dernier. Certainement le plus electronica, il débute avec quelques bleeps aériens, se voit accompagné de cordes mélancoliques à souhait avant d’être marqué par une rythmique à la fois écrasante et entraînante. Comme si cela ne suffisait pas, quelques chœurs voluptueux en rajoutent encore au niveau émotion et envoûtement.

Mais ce fameux Thomas garde tout son mystère. Alors on fouille internet de fond en comble, on fait des recoupements et là... la révélation. Cet étrange Thomas s’appelle en fait Thomas Bücker. Il n’est guère plus connu, mais c’était pourtant l’un de nos gros coups de cœur en 1999 alors qu’il sortait son premier album, Marshmallow Rooms, sous le nom de Jean-Michel. On vous aurait bien dit que Bersarin Quartett arrivait malheureusement un peu après la bataille, après Murcof notamment, mais cet album est en fait une suite, une évolution assez logique de son projet Jean-Michel, par ailleurs toujours d’actualité. L’artiste a sa patte, sa façon d’agencer les éléments et joue avec nos émotions.

Fabrice ALLARD
le 18/07/2008

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