(Karate Joe / Import)
19/10/2007
Electronique

Ambient / Karate Joe / Kutin
Après un premier album paru en 2006 chez U-Cover CDr Limited, c’est chez les Autrichiens de Karate Joe que l’on retrouve Peter Kutin avec son projet solo, sous forme d’ambient expérimentale mêlant sources acoustiques et traitements électroniques.
Les six pièces qui composent cet album sont construites à partir de sessions d’improvisations sélectionnées ensuite de manière à ce que cette notion d’improvisation ne soit pas forcément apparente. Le but est ici d’obtenir une certaine spontanéité, de figer un instant, de laisser une petite place au hasard et à la recherche, sans pour autant s’embarquer dans la musique dite free. D’ailleurs ces improvisations se situent plus au niveau du drone et du traitement du son que vers le déluge de notes. On obtient ainsi de délicieux assemblages de nappes frétillantes, résonances métalliques, et un drone grave qui apporte une certaine profondeur (Dyade), autant d’éléments qui se suffisent ici à eux mêmes mais qui peuvent servir de fond sonore à des chocs métalliques aquatiques pour une ambiance lourde et poisseuse sur Somehere the nothere, tandis que quelques field recordings viennent flirter avec des notes de kalimba sur le sobrement intitulé Kalimba.
La douceur est assez naturellement de mise, nappes et souffles aidant, jouant le chaud et le froid, mais le ton monte parfois doucement créant quelques moments de tension et jouant sur les filtres pour rendre ses sons tournoyants ou créer de subtiles mélodies répétitives et envoûtantes (Kandela#2). Quelques effets de saturation apportent un grain bien appréciable en contrepoint de la kalimba ou d’une guitare limpide sur Kehrwert, mais on pourra leur préférer une utilisation plus subtile de ce type d’effet, apportant un sentiment de fragilité sur les nappes cristallines de Skating Ring, pièce de 13 minutes qui ne cesse de se complexifier par ajout progressif de strates : nappes de sifflements feutrés, de laptop, drone, résonances, et bruits de skateurs (planches qui retombent sur le sol, prise d’élan) ponctuant la pièce.
Moins aquatique que Loscil, moins glacé que Biosphere mais partageant tout de même beaucoup avec ces deux artistes, ce superbe album est également à conseiller aux fan de Pan American.
le 27/07/2008