(Baskaru / COD&S Distribution)
00/10/2007
Electronique

Ambient / Baskaru / Electronica / Field Recordings / GoGooo
Depuis deux ans maintenant, le Grenoblois Gabriel Hernandez accumule les sorties sur divers netlabels, se lançant lui-même dans l’aventure en créant Rain Music. Le passage au format CD était inévitable, et c’est le label français Baskaru qui en a le privilège, Gogooo apportant du même coup une couleur un peu nouvelle au label.
Débutant en accompagnant son cousin à la guitare au sein du duo Simagrée, c’est après quelques collaborations que le jeune Français se lance dans ce projet solo que l’on imaginerait très bien sur le label Allemand Ahornfelder puisqu’il mêle systématiquement field recordings et bribes mélodiques, les deux composantes étant mises sur un pied d’égalité. La formule peut paraître assez aisée, en particulier lorsque l’artiste l’applique avec un certain systématisme sur les premières pièces de l’album débutant par des enregistrements sur lesquels piano et résonances ou mélodica viennent apporter quelques mélodies timides et hésitantes. Quand le travail de composition fait jeu égal avec les enregistrements d’ambiances, ces hésitations se font plus présentes encore, conférant à ces pièces une certaine imprévisibilité (jeu de douces résonances métalliques sur Echappée), ou leur apportant un son plus fracturé comme avec cette démultiplication du son d’une guitare acoustique sur Près de l’arbre.
De part la teneur des field recordings et la simplicité de l’instrumentation, Gogooo décrit ici un univers enfantin tout à fait en phase avec les dessins du packaging, réalisés par lui-même. Avec ces bruissements, frottements de Je ne te vois plus, on a l’impression que le micro est posé à proximité d’un enfant jouant dans un bac à sable avec son seau et sa pelle. Plus tard, quelques voix que l’on pensera captées sur une plage viennent renforcer ce sentiment sur un bruitage improvisé de maraccas.
Passé une jolie pièce ambient à base d’orgue lancinant (Les nuages flottent) et quelques field recordings toujours un peu bucoliques, l’album se termine avec le petit bijou Partir loin. Il s’agit aussi du titre le plus classiquement composé, avec nappes d’orgues, mélodie frétillantes sous les effets du laptop, bruissements servant d’effet quasi rythmique et chants d’oiseaux subtilement intégrés.
Besoin de douceur, de finesse, d’évasion, ou même de poésie, cet album de GoGooo est fait pour vous.
le 02/08/2008