(Ahornfelder / Import)
01/03/2008
Rock

Ahornfelder / Derek Shirley / F.S. Blumm / Folk / Jazz / Kinn / Taunus
Taunus est un duo de guitaristes berlinois, Jan Thoben et Jochem Briesen, qui sortent ici le deuxième album après Malinche paru en 2005. Les deux hommes ne nous sont pas tout à fait inconnus puisque Jan Thoben fait partie de Kinn (aux côtés de F.S. Blumm et Marcel Türkowski), et les deux hommes collaborent assez régulièrement avec F.S. Blumm. De la même manière, les deux guitaristes s’entourent ici d’amis afin d’enrichir leur instrumentation. On trouve ainsi Wilm Thoben (frère de Jan) au vibraphone, Michael Thieke à la clarinette et Derek Shirley à la contrebasse, tous deux œuvrant dans un registre plus orienté jazz et improvisation, et bien sûr F.S. Blumm qui leur rend la pareille.
Harriet est un album court puisqu’on en vient à bout au bout de 8 titres pour environ 33 minutes, évoluant tout doucement de l’improvisation vers une folk rythmique. Si les guitares acoustiques y tiennent naturellement une place importante, on a tout de même plus l’impression d’entendre une formation élargie qu’un simple duo avec quelques invités. Le titre d’ouverture en particulier avec ses percussions improvisées et égrenage chaotique de notes de guitare donne véritablement l’impression d’entendre un groupe de free jazz (Dots & Lines). Ces penchants reviennent régulièrement, au gré des participations de Michael Thieke et Derek Shirley et en particulier sur Petrella et son introduction à base de souffle et graves glissements d’un archet sur la contrebasse avant que les boucles de guitares folk ne reprennent leurs droits, apportant structure et rigueur en lieu et place des improvisations.
Car c’est effectivement plus vers une certaine musique folk que penche naturellement Taunus, avec des grooves légers et des ambiances bucoliques (field recordings d’oiseaux et canards sur Hintern). Une folk bricolée, qui se cherche, dans un style que l’on rapprochera naturellement de F.S. Blumm, un vibraphone qui nous rappelle Tortoise sur Tramin, des silences sur Luek, une voix synthétique sur Concepts & Beliefs mais aussi un titre chanté, Passers’ Piece, avec voix louvoyant entre banjo et mélodica. Chemin faisant, on arrive doucement au joli morceau titre qui conclue l’album avec banjo, vibraphone, contrebasse, plus de relief donc, mais surtout un magnifique final, très enlevé avec batterie et claps, à reprendre en dansant autour d’un feu de bois.
Folk bricolée et poétique pour un album attachant.
le 10/08/2008