(Symbolic Interaction / Import)
04/06/2008
Electronique

Ambient / Néo-Classique / Rudi Arapahoe / Symbolic Interaction
Rudi Arapahoe est un nouveau venu, anglais, sortant ici son premier album sur le label japonais Symbolic Interaction. N’ayant jamais parlé de ce label, on citera pour situer des sorties de Xeltrei (l’un des projets de David Wenngren de Forestflies et Library Tapes) et David Newlyn, oscillant donc entre electronica, néo-classique et ambient. Les amateurs de netlabels et autres téléchargements gratuits auront peut-être déjà découvert Cet artiste sur la dernière compilation du webzine The Silent Ballet où il figurait aux côtés de Olafur Arnalds ou Bersarin Quartett dont on parlait il y a quelques jours.
Ce premier album se veut ambitieux. Inspiré de La Divine Comédie de Dante Aligheri, Echoes From One to Another est une œuvre imagée, narrative, où chaque morceau illustre des passages des trois cantiques dédiés à l’Enfer, au Purgatoire, et au Paradis. Sur le plan technique, l’artiste utilise au mieux tous les moyens à sa dispositions pour être au plus proche des émotions, sentiments, sensations qu’il veut traduire. Une instrumentation classique (harpe, piano, guitare acoustique, violon) afin de composer un album intemporel, des voix féminines envoûtantes, mystérieuses, aux évocations religieuses, quelques poèmes récités, et une électronique discrètes pour créer des ambiances, nappes sombres, lourdes, quelques field recordings.
On semble s’éveiller au bord d’une rivière au son d’une harpe à l’écoute de I Close My Eyes And Float To The Ceiling alors que la protagoniste de ce récit vient de s’éteindre. Voix sublimes sur To Gather Flowers qui n’est pas sans rappeler Lisa Gerard et Dead Can Dance. D’une manière générale, le sujet romantique de l’album et le ton adopté ne devraient pas laisser indifférents les goths apaisés, tandis que le travail de composition, particulièrement fin, précis et soigné ravira les amateurs d’electronica. Le son est clair, net, le mélange d’arpèges électroniques et d’une guitare acoustique passe à merveille sur Forest Of Arches. Tour à tour c’est l’ambient qui semble dominer, façon rêverie ou ballade bucolique sur le morceau titre, tandis que par ailleurs on est plus proche d’une musique néo-classique, quand l’instrumentation est plus épurée, comme ce piano esseulé sur Lunar Semaphore, se terminant par un poème de David Wheldon. On serait presque tenté d’évoquer Max Richter, mais Rudi Arapahoe se fait trop illustratif pour véritablement justifier la comparaison. On pourra également reprocher des vocalises pas toujours bien maîtrisées, un peu faciles, soporifiques sur Conversation Piece et My Shadow (Vanishes) alors que par ailleurs, martèlements rythmiques, cris monstrueux ou nappes sourdes font montre d’une certaine retenue.
Des erreurs de jeunesse certes, mais pour un premier album, Rudi Arapahoe fait preuve d’une maîtrise assez impressionnante. En quelque sorte un Arvo Pärt en devenir.
le 18/08/2008