(Konkord / Import)
00/01/2008
Electronique

Sorti quelque peu en catimini (la preuve : on a mis plus de six mois à s’en rendre compte alors que c’est peu de dire qu’on est client de ce que produit le duo), ce second album du Duo 505 n’est pas publié, à l’instar de son très bon prédécesseur, sur Morr Music, mais sur le petit label viennois Konkord. Musicalement, c’est cependant un véritable bonheur que de retrouver Bernhard Fleischmann et Herbert Weixelbaum, d’autant plus qu’à la différence de Late, les morceaux sont ici écrits en commun. C’est donc un travail véritablement collaboratif qu’il nous est donné à apprécier, et non plus simplement la réunion de deux talents individuels.
Dans cette perspective, l’interaction entre les deux Autrichiens se fait plus prégnante qu’il y quatre ans, mêlant idéalement les rythmiques de l’un aux sonorités mélodiques de l’autre (on reconnaît sans peine les tessitures chromatiques de Fleischmann). Mais la répartition du travail entre les musiciens n’est pas aussi binaire puisqu’il arrive très clairement que les rôles s’intervertissent, laissant Fleischmann opérer aux rythmiques avec ces soyeuses pulsations en grésillements qu’il maîtrise si bien (Bukarest). Proposant par endroits une polyrythmie très entraînante (Choral), le duo sait aussi se faire plus mélancolique, avec mélodie et ambiance idoines (Frost), ou plus primesautier (Gänsemarsch & Zweierreihe et ses ritournelles légères).
Entre deux instrumentaux brillants, Duo 505 s’essaye à la reprise : alors que celle du Feel the Pain de Dinosaur Jr. ne s’avère pas dénuée de tout intérêt, celle de la scie Just an Illusion fait sourire à la première écoute, avant de laisser clairement apparaître ses sonorités dégoulinantes (synthés vintage, voix au vocoder sur les refrains) et ses facilités d’écriture putassières. Les passages les plus convaincants du disque demeurent donc largement les morceaux originaux, nouvelles preuves du talent des musiciens et de la légitimité de ce duo.
le 22/08/2008