(Brume Records / Season of Mist)
10/11/2007
Electronique
Electronica / IDM / Industriel

Brume Records / Electronica / IDM / Industriel / Talvekoidik
Talvekoidik est le nom de projet en solo de l’Allemand Kai Christian Hahnewald, déjà membre du projet electro S.E.K.T., dont les sorties sont disponibles sur le label Hands Productions chez qui on retrouve tous les noms de la scène electro-indus du moment (Winterkälte, Kom-Intern, Ah Cama-Sotz). Silent Reflections est le premier album de l’Allemand en tant que Talvekoidik, disponible donc sur le label français Brume Records, également très axé sur des productions entre electronica et musiques dark, industrielles.
Avec son violoncelle grave et ses envolées de cordes, l’Allemand se démarque assez rapidement des productions electro-indus formatées, et pourra être rapproché de quelques artistes de la scène electronica comme Digitonal, même s’il fait preuve d’une plus grande maîtrise de sa production. Sur le plan rythmique, c’est assez classique, bien marqué, avec un goût prononcé pour les petits effets de syncopes grésillantes. Le violoncelle contribue à la gravité de l’ensemble, les violons partent en flèche de manière surprenante, et le piano que l’on retrouvera assez régulièrement alterne entre joli accompagnement et parfois une certaine facilité. L’ensemble est porté par un souffle épique qui porte l’ensemble assez haut, ambiances souvent aériennes et lumineuses malgré des rythmiques parfois lourdes, comme il se doit. On met facilement des images sur cette musique, imaginant de grands champs de bataille, des armées médiévales se déchirer au son du baroque et futuriste Eismeer qui sera justement remixé par deux fois en fin d’album.
Ce mélange mi-ombre / mi-lumière, mi-ange / mi-démon est l’un des points intéressants de l’album. Le second, peut-être plus étonnant, est l’intégration de très fortes influences world. Il est en effet assez rare de trouver d’aussi fortes intonations celtiques dans une musique electro-indus. Pourtant le violon et la flûte de Rough Baltic Shore ne tromperont personne. On pourra trouver ce type d’intégration très cliché, mais au contraire ce genre d’élément contribue là encore à sortir des canons du genre, "dark and cold", et donne à cet album un souffle d’air frais. Un peu plus classique, ce sont des percussions africaines et cordes orientales qui font leur apparition sur Sandstorm, avec des rythmiques toujours bien travaillées.
Par ailleurs on pourra trouver la marque de Fennesz sur The Moebius Strip et ses nappes saturées, un très fin travail d’intégration d’une guitare fracassée sur The Cliff, et une mélancolie troublante sur le sublime Goodbye Of The Certainty. Mis à part deux ou trois titres qui manque parfois d’inspiration, Talvekoidik fait preuve de suffisamment de renouvellement pour garder l’auditeur en éveil et surprendre tout en restant fidèle à lui-même.
Pour conclure, trois remixes. Heimstatt Yipoyash et 16pad Noiseterrorist reprennent Eismeer, le premier en insistant sur la densité d’une rythmique bruitiste, tous deux remplaçant les cordes par des sonorités synthétiques, point fort de 16pad Noiseterrorist qui renouvelle le morceau d’origine de belle manière. Fragment King reprend Atlas, un titre qui ne figure pas sur cet album, passant le tout à la distorsion, sans grande finesse a vrai dire.
le 24/08/2008