du 26/09/2002 au 29/09/2002
Grande Halle de la Villette,
Paris
En marge des concerts, des expositions et de divers spectacles (théâtre, danse), ce nouveau festival multidisciplinaire dédié aux arts numériques voyait la Grande Halle de la Villette occupée par diverses installations, dont 360°, la nouvelle création du duo autrichien Granular Synthesis que nous avions déjà pu voir à l’oeuvre lors du festival Exit de Créteil en 2000 avec la performance Pol.
Toutes les installations et performances de Granular Synthesis tourne autour de projections colossales et de diffusion sonore hors norme, les unes semblant être des variations, des évolutions des précédentes, de plus en plus abstraites, minimales, et extrêmes.
360° est une coproduction du Parc de la Villette et de Granular Synthesis qui referme l’écran sur le spectateur. Celle-ci est moins imposante que Pol par sa taille, mais est sensé procurer de nouvelles sensations en entourant le spectateur d’image et de son. 16 écrans forment un semblant de cercle, et au dessus de chacun d’eux se trouve une enceinte.
Ca commence lentement, tous les écrans sont blancs et s’éteignent au rythme de l’apparition d’un son. D’abord régulier, puis accélérant, le spectateur semble alors plongé dans un stroboscope géant. En fixant les écrans on risque de se déconnecter de la réalité, mais les changements de rythme nous remettent toujours dans le droit chemin.
Le son évolue, les rythmes bref deviennent une longue texture sonore composée de différentes fréquences qui se croisent. Des lignes de couleurs différentes se percutent laissent place les unes aux autres, toujours au rythme de la musique. Et puis en fin de séance des basses fréquences se font ressentir. Nos cheveux et n’importe quel petit poil du visage bouge, vibre, mais le niveau sonore ne semble pas particulièrement élevé. Il s’agit certainement de fréquences inaudibles qui sont là pour être ressentie physiquement pendant quelques secondes, quelques minutes peut-être avant la fin.
On se relève (la majeure partie du public étant assise au centre de l’installation), et si la performance est terminé, il nous en reste quelque chose. On portera notre main vers notre coeur et on constatera qu’il bat anormalement vite.
On tentera une nouvelle fois l’expérience, mais l’effet se fera moins ressentir. En fait chaque représentation était un peu différente. Il ne s’agit pas la d’une simple projection de film et d’une diffusion sonore, mais d’une performance entièrement réalisé en direct par ordinateur : image et musique sont le fruit de savant calculs selon des paramètres que Kurt Hentschläger et Ulf Langheinrich sont les seuls à connaître pour notre plus grand étonnement.
le 27/10/2002