Roy Lichtenstein : Évolution

 date

du 15/06/2007 au 23/09/2007

 salle

Pinacothèque de Paris,
Paris

 appréciation
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Pinacothèque de Paris / Roy Lichtenstein

 liens

Pinacothèque de Paris

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Plus encore que les Marilyn d’Andy Warhol ou le Love de Robert Indiana, les toiles issues de cases de BD de Roy Lichtenstein symbolisent, parfois jusqu’à la caricature, le pop art. Pour son ouverture dans ses nouveaux locaux, Place de la Madeleine, la Pinacothèque de Paris propose une monographie consacrée au peintre états-unien, qui n’avait pas connu un tel honneur à Paris depuis une bonne vingtaine d’années. Pour autant, cette fois-ci, il ne s’agit ni d’une rétrospective, ni d’un panorama, mais d’une exposition aux visées hautement pédagogiques. En effet, dans le sous-sol borgne de la Pinacothèque (le rez-de-chaussée lumineux étant occupé par la sacro-sainte boutique, ses mugs dédiés et parapluies siglés), est reconstitué le processus de création artistique de Lichtenstein. Chaque œuvre se trouve, de fait, accompagnée de ses travaux préparatoires (dessins, croquis, maquettes, etc…), de telle sorte qu’est mis au jour la technique bien particulière du New-Yorkais, faite d’hachures, de tramages de points ou d’aplats de couleurs.

Cette volonté didactique permet alors d’accentuer, par comparaison, ce que le vernis de la toile lisse parfois ou rend légèrement intemporel. Landscape With Scollars’ Rock s’avère ainsi plus aplati que son collage préalable dans lequel le relief des bandes adhésives superposées s’accorde davantage avec les montagnes représentées ; de même, les études au crayon pour Small House font ressortir plus encore le travail sur la perspective ou celles de Nude With Bust celui sur les proportions. Partant, le double regard de Lichtenstein se dévoile : capable de poser un œil distancié sur la réalité et la société de consommation par le choix de ses thématiques, mais aussi à même d’opérer un choix artistique minutieux quant à la sélection de telle ou telle technique ou la superposition des matériaux.

Pour autant, cet accrochage s’avère rapidement répétitif et trop systématique, conduisant même par endroits à briser la magie d’une toile. Rapproché de ses pièces préparatoires, Water Lilies With Japanese Bridge perd, par exemple, son caractère féerique né du travail de l’émail sur un cadre d’aluminium et de la réflexion qui en résulte. Un peu trop scolaire et parfois même frustrante (quand plusieurs croquis sont présentés mais que la toile finale est absente), la scénographie a cependant le mérite de présenter Woman : Sunlight, Moonlight devant un miroir et à côté de son dessin antérieur : les deux femmes se font face pendant que, dans le même regard, on aperçoit la seconde face, différemment colorée, du buste en bronze. L’exposition sait aussi, sur la fin, sortir des sentiers battus en proposant des œuvres aux influences éloignées de la BD ou des grands maîtres du début du XX° siècle (Laocoon et ses emprunts à la mythologie gréco-romaine pour laquelle Roy Lichtenstein a opéré par grands coups de brosse, loin de la ligne claire pop).

François Bousquet
le 10/08/2007

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