Yayoi Kusama : Dots Obsession

 date

du 15/09/2007 au 18/11/2007

 salle

Wiels,
Bruxelles

 appréciation
 tags

Wiels / Yayoi Kusama

 liens

Wiels

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Situé dans d’anciennes brasseries (la présence d’énormes cuves dans le hall d’entrée témoignent de ce passé), le Wiels ambitionne d’être le centre d’art contemporain majeur de Bruxelles. Ouvert en plusieurs fois depuis 2006, il n’est toujours pas terminé (un seul étage sur trois est ouvert, les ateliers destinés à accueillir des artistes ne sont pas encore mis en place, la boutique, les ascenseurs et le café sont envisagés dans un futur proche, la librairie se limite à une simple table) mais propose d’ores et déjà quelques expositions. Pour cet automne, c’est la première monographie consacrée, en Belgique, à Yayoi Kusama qui occupe le premier étage.

On connaît bien, pour les retrouver fréquemment dans les musées et biennales, ou en illustration dans les gazettes branchées, les pois de la Japonaise. Pops et colorés, le plus souvent disposés sur de sympathiques gros ballons, ceux-ci constituent le principal sujet d’étude de Yayoi Kusama depuis quarante ans. Ici, dès le hall, on retrouve deux imposantes sphères roses (l’unique couleur des ballons de cette exposition) avant de s’aventurer, à l’étage, au milieu des autres ballons pour un mélange entre une dimension pop assez enfantine (rose des ballons, forme ronde et rassurante, gros ballons type ballon de plage, pois) et une approche plus vertigineuse, limite effrayante : gigantisme des proportions, espace rempli du sol au plafond, illusions d’optique créées par les pois noirs sur fond rose, caractère un peu hallucinatoire de l’ensemble. À mi-chemin entre pop art et minimalisme, la Japonaise conjugue également travail sur la couleur et sur l’espace en permettant de pénétrer certaines sphères.

Se sentant alors comme à l’intérieur d’un troglodyte, le spectateur est convié à s’installer dans un univers là encore à la fois accueillant (moquette rose, coussins noirs, plats et ronds) et un rien inquiétant (lumière forte qui éblouit et agit sur la pupille si bien qu’on voit tout en rose, impression d’avoir été happé par l’installation). Un autre ballon propose des jeux de miroir qu’on regarde à travers un œilleton, offrant multiplication, effet hallucinatoire et vertige de l’infini. On retrouve cette double idée du travail sur le regard et la reproduction avec un globe dans lequel on entre par un rideau, dont l’intérieur est tapissé de miroirs et éclairé de quelques boules lumineuses. Payant son tribut aussi bien aux labyrinthes de miroirs des parcs d’attractions qu’aux peep-shows, ce ballon, et plus généralement, les trois installations « interactives » mentionnées, sauvent, en définitive, cette exposition d’une forme de répétition (toutefois très assumée, ainsi que l’indique son titre).

François Bousquet
le 06/10/2007

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