du 01/03/2008 au 20/04/2008
Musée d’Art Moderne de la Ville de Paris,
Paris
Collectif artistique autrichien, Gelitin se voit offrir l’espace de l’ARC du Musée d’art moderne afin d’y transposer, à leur manière foutraque, le Musée du Louvre. D’où un intitulé en forme de clin d’œil et une exposition dans laquelle on retrouve, bien évidemment, des déclinaisons de la Joconde.
Cependant, à peine pénétrés dans la première salle, nous comprenons à quoi nous faisons face : amoncellement d’objets hétéroclites, esthétique du chaos et trivialité des éléments utilisés constituent quelques facettes d’un travail dont les mamelles semblent être la scatologie et le kitsch. On sait pourtant que le mauvais goût peut aussi s’avérer de l’art, lorsqu’il s’empreint d’un second degré certain ; or, ici, on a rapidement l’impression que tout n’est que vulgarité. Vulgarité des matériaux (caramel dégoulinant des objets, cloisons en aggloméré explosées, rouleaux de papier toilette faisant office de colonnes antiques, étrons à la pelle), vulgarité de l’accumulation (çà suinte et dégouline de partout, les collages sont trop nombreux et plus de 3000 pièces (!) ornent les murs de l’ARC) et vulgarité du contenu (grandes photos sur lesquelles les Gelitin se tiennent nus, phallus tendus, face à l’immensité de la nature déserte, défiguration et caricature gratuites).
Certes entend-on les ambitions de démystification de l’institution, de remise en cause de la lourdeur muséale ou de réappropriation des œuvres exposées par les spectateurs, mais présentement, rien ne fonctionne et les objectifs du collectif se trouvent alors noyés dans un ensemble épate-bourgeois, finalement plus sage et conformiste que ces petits malins viennois ne se l’imaginent.
le 24/04/2008