(Record Label Records / Import)
25/08/2008
Electronique

Ambient / Dalglish / Expérimental / O.S.T. / Record Label Records
Dalglish est certainement un nom qui ne vous dit rien, et c’est à peu près normal. Il s’agit de l’un des projets, et a priori celui qui devrait prendre le relais, de Chris Douglas, connu et reconnu pour son projet dark-ambient O.S.T., invité notamment par Autechre au festival ATP ou encore pour assurer leur première partie sur leur tournée américaine. On vous parlera d’ailleurs prochainement de Waetka, le dernier album d’O.S.T paru chez iDEAL Recordings. Une actualité débordante donc alors que cela fait des années que l’on n’avait plus de nouvelles de l’artiste, exilé à Berlin. Ideom est son deuxième album en tant que Dalglish, le premier (OtJohr) étant l’une des premières sorties du label Highpoint Lowlife.
Chris Douglas abandonnant le pseudo d’O.S.T. au profit de Dalglish, on peut logiquement se demander quelle est la différence entre les deux projets. Si O.S.T. était véritablement ambient, jouant sur des nappes sombres et textures, la musique produite ici est nettement plus marquée par des sons concrets, coups de basses ou percussions qui donnent un tempo autrefois bien plus ambigu. La méthode de travail semble par contre être la même, superposant diverses boucles et les laissant se répondre les unes aux autres, appliquant de nombreux effets afin de garder un certain mystère quant à ces sources sonores, mais sans verser dans le mélange reverb et saturation comme il pouvait le faire en concert, créant une frontière plus que ténue entre ambient et noise.
On pourrait parler ici de dark-ambient concrète, avec des sonorités parfois presque bruitistes, limite industrielles (Exhinenoln), frottements rugueux (Tishm), rythmiques mécaniques (Fhorjon), coups métalliques (Jokma 1), crépitements. Il ne s’agit pas ici de rythmiques au sens classique où on l’entend, mais de sons percutants qui, mis en boucle créent un mouvement, d’où cette impression de machinerie infernale, abrutissante, hypnotique. Là dessus, d’autres boucles viennent se poser, se superposer à l’infini, créant un dense magma sonore, une masse souvent étouffante d’où s’échappent quelques notes, quelques éclaircies, des impressions (ambiance de jungle sur Hysgeil), des fragments comme ces 2-3 secondes finales de Fhorjon qui se révèlent très dub. Musique difficile d’accès certes, mais qui sait livrer ses petits moments de plaisir quand les boucles se fondent et se coordonnent. Cette réussite est peut-être un peu plus présente sur la deuxième moitié de l’album, à commencer par Morder J et son mélange lumineux de résonances de cloches ou d’orgues, puis le très court et apaisé Bye, franchement limpide au regard de l’ensemble de l’album, ou encore le magnifique Damlicht et son ambiance de forêt nocturne, chants d’oiseaux mystérieux, frôlement des balais sur une batterie, ondulations sonores.
Avec ses 15 pistes pour 72 minutes, l’écoute complète de l’album pourra paraître parfois longue et difficile alors qu’il aurait pu être un peu plus ramassé. Chris Douglas a changé d’alias, mais que les fans se rassurent, ses démons sont toujours avec lui. La musique de l’américain est toujours aussi dense, sombre, organique, granuleuse et même aujourd’hui plus dure puisque marquée par un rythme. Vous voila prévenus !
le 28/09/2008