(Structure Records / COD&S Distribution)
00/03/2008
Electronique
Electronica / Pop / Post-Rock

Electronica / Le Polair / Pop / Post-Rock / Structure Records
Il y a quelques mois on parlait de ce jeune label lillois avec la sortie d’un EP de L’Objet, formation post-rock qui gère ce label. Au printemps dernier, cette structure (Ah !) sortait son troisième album avec cette fois un nouvel artiste mais aussi un changement de registre. Le Polair est un projet de Pol Desmurs, ingénieur du son de formation, jouant dans un registre electronica magnifiquement maîtrisé.
La prise en main se présente plutôt bien. Joli digipack 3 volets, graphisme monochrome hyper soigné qui révèle sa petite touche pop une fois ouvert et des remerciements qui donnent déjà la couleur : Aoki Takamasa, Múm, Lali Puna, The Notwist pour n’en citer que quelques uns. A posteriori, il s’avère que tous ces éléments sont en parfaite harmonie avec la teneur musicale de ce premier album qui apparaît comme très cohérent en se servant principalement d’une base electronica, mélodique, fine et joliment glitchy, et disséminant à droite à gauche quelques éléments pop ou post-rock, se révélant tout au long de ses 50 minutes à la croisée des genres.
Effet de surprise aidant peut-être, on trouvera les deux premiers titres bluffants. Il faut dire qu’il est assez rare de voir des français se frotter au genre, et s’en sortir aussi bien. Comme ça, de tête, ce sont les noms de Sink et Melodium qui nous viennent à l’esprit, ou encore le Belge Styrofoam qui, sur ses premiers albums incorporait déjà cet aspect fracturé, ces textures grésillantes qui déraillent, cette mélancolie latente, ces mélodies soyeuses sur La fleur de la montagne grise, certainement notre morceau préféré de l’album.
Bien sûr, le genre n’est pas nouveau et presque tout ici est déjà entendu, certains titres apparaissant même comme très classique aujourd’hui (Born in 84). Si l’ensemble fonctionne, c’est d’une part grâce au soin apporté à chacune de ces compositions et, comme évoqué plus haut, à la relative richesse de ton. On passe d’une electronica mélodique subtilement parsemée de glitchs à quelques titres plus downtempo pour revenir à des rythmiques assez sèches (Run to Turku), petit passage electro-pop avec voix monocorde rappelant Tarwater sur The Best Thing, puis pop-rock avec guitare et batterie sur Speak With Trees to Dance With Birds. Il se dégage aussi de cet album un certain charme qui force l’adhésion, comme cette espèce d’electronica médiévale sur Two End Stories, ou féérique sur A Light in The Sea, titre véritablement imagé tellement on imagine à l’écoute de ces petites notes étincelantes, les reflets du soleil sur la mer.
L’album se termine par Le regard, titre ambient mélodique marqué par les nappes de guitare, influences très post-rock pour conclure.
On l’a déjà signalé, on pourra regretter un manque d’innovation, de recherche, d’expérimentations, mais mis à part ce petit défaut il fera bon s’allonger dans l’herbe et profiter de la chaleur de quelques rayons de soleil à l’écoute de ce Pâturage, en espérant très vite une suite.
le 04/10/2008