(Harmful Records, Dark Winter / Internet)
16/08/2008
Electronique

Ambient / Dark Winter / Expérimental / Formication / Harmful Records / Industriel
Hyper productifs, les deux anglais de Formication nous reviennent déjà avec un nouvel album sorti une nouvelle fois en partenariat entre le netlabel Dark Winter et le label Harmful Records géré par les deux artistes. Le netlabel semble surtout servir à la promotion, proposant deux titres en libre téléchargement quelques jours avant la sortie officielle. L’album complet est (ou plutôt était) quant à lui disponible dans une version luxe, encarté dans un recueil de photos, signé, et limité à 9 exemplaires (!!) à un tarif adapté (ce qui est rare est cher...). Heureusement, l’album est également disponible au format numérique pour 1,99$ quand la plupart des plateformes de téléchargement proposent les albums à 9,99$ et le recueil est également disponible indépendamment de la musique. Au delà des expérimentations musicales, Formication semble également expérimenter de nouveaux modes de distribution !
Nous avions adoré l’album Icons for a New Religion, nous étions un peu plus réservé sur Agnosia. Qu’en est-il de cette nouvelle livraison ? Pas de doute, on est plus proche de l’album, le duo mettant un peu en retrait ses tentatives rythmiques concrètes et se concentrant sur ce qu’il fait de mieux, à savoir une ambient sombre, mystérieuse et habitée. L’album s’ouvre sur quelques titres très sombres, marqués par de fortes influences industrielles. Vrombissements, saturations (Gathering the Storm), machines créant des rythmiques mécaniques (More Joy Than You Could Possibly Know) et boucles hypnotiques, ou jets bruitistes sur une base franchement ambient (It Will Be As If You Had Never Existed). Chaque pièce semble composée comme une accumulation de boucles et sonorités hétérogènes à l’origine même de l’aspect mystérieux de cette musique. Assemblages incongrus de voix traitées, sonorités électroniques, acoustique et enregistrements traités, et parfois une mélodie qui se dégage, comme le premier rayon de soleil après un orage (Back Outside).
Justement après l’orage on aborde une deuxième moitié d’album nettement plus apaisée, abandonnant un peu la composante industrielle au profit d’une musique plus ouvertement ambient, plus lumineuse et aérée à l’image des 16 minutes du magnifique All Hell & Despair ou encore Underearth, à peine ponctué de sourds coups métalliques. Les derniers titres sont un bon compromis entre expérimentations bruitistes et mélodies chaotiques avec notes flottantes, piano qui dégringole, syncopes et bruitages.
Plus industriel que :Zoviet*France :, moins mystique que Coil, mais digne héritier de ces deux formations, Formication continue de frayer son chemin sur un parcours chaotique.
le 12/10/2008