(For 4 Ears / Metamkine)
02/04/2008
Electronique

Ambient / Expérimental / For 4 Ears / Günter Müller / Improvisation / Jason Kahn / Norbert Möslang / Tomas Korber
Après les volumes 4 et 5 de la série Signal to Noise dont on vous parlait en juin dernier, voici le sixième et dernier volet de la série avec cette fois un procédé légèrement différent. Alors que sur les cinq premiers disques les artistes collaborant étaient les mêmes du début à la fin sur des pièces relativement longues, les dix artistes ici présents se sont regroupés par 2 ou 3 afin de produire sept pistes de 6 à 10 minutes. On est encore loin du format pop, mais il est intéressant de voir ces artistes s’essayer à une relative concision.
Dans la lignée du volume 5, cette nouvelle édition est extrêmement électronique puisque mis à part les discrètes percussions de Jason Kahn et la guitare contemplative de Sato Yukie, les sources sonores électroniques sont majoritaires (iPod, synthétiseur analogique, table de mixage, laptop). On ne devrait d’ailleurs pas se limiter au terme "source" sonore car les traitements et effets semblent également nombreux, au point que l’on cherche encore le son de la guitare de Tomas Korber... On est donc ici en pleine improvisation électronique mais dans un style minimaliste, chaque protagoniste participant par petite touche, laissant le son se propager et produire son effet au fil de lentes oscillations ou d’interactions, de rencontres avec d’autres sources sonores.
Il est intéressant de comparer ici le ton adopté en fonction des artistes, de voir que sur la première pièce composée par Tomas Korber, Norbert Möslang et Hong Chulki se mêlent frétillements et vrombissements de basse, textures granuleuses et bruitistes alors que juste après, le duo formé par Günter Müller et Sato Yukie se révèle être finalement très ambient. On navigue ainsi entre les coups métalliques, limites industriels et les martèlements sourds et réguliers, entre le signal pur et le bruit, entre le minimalisme de la répétition extrême et la richesse des accidents et fractures. Comme évoqué au début de cette chronique, l’album se termine dans l’épure, comme si le signal et le bruit menaient au silence : électronique discrète et notes de guitare rares de la part de Sato Yukie.
Si l’on devait tenter la comparaison avec les deux précédents numéros de la série, on dirait qu’il s’agit là d’une version électronique du volume 4, avec une musique improvisée mais posée, dont le calme relatif lui confère une certaine facilité d’accès (en comparaison au volume 5 plus franchement bruitiste).
le 28/10/2008