Galerie Stratique

Faux World

(Statik > Rek / Import)

 date de sortie

19/08/2008

 genre

Electronique

 style

Avant-Garde / World

 appréciation

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5 extraits (Flash - section Audio)

 tags

Avant-Garde / Galerie Stratique / Statik > Rek / World

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Galerie Stratique est le projet musical du québécois Charles-Émile Beullac, déjà responsable de deux albums et autres sorties numériques sur divers labels ou divisions numériques et en particulier sur l’excellent label No Type. On découvre ce projet avec son troisième album, qui nous donna envie de voir ce que cet artiste avait produit auparavant. Faux World est bel et bien un changement assez radical de travail au regard des deux précédents albums, electronica teintée 70s sur Nothing Down to Earth (paru chez Low & Auder), un peu plus péchue et cinématographique sur Horizzzons (déjà chez Statik > Rek).

Avant d’aborder l’album, on s’attardera sur quelques notes de pochette, expliquant que ce disque fait suite à un voyage en Indonésie. Là-bas, l’artiste a été perturbé par un médicament chargé de prévenir la malaria, perturbations entraînant "rêves inquiétants, angoisses irrationnelles, épuisement". Faux World a été composé à son retour avec de nombreux instruments achetés lors de ce séjour, rassemblant vaguement les souvenirs que garde l’artiste de ce voyage. Histoire vraie ou simple introduction à l’univers de cet album, toujours est-il que cette présentation correspond parfaitement au sentiment que laisse Faux World. La teinte world est indéniable, exotisme provoqué par la multitude d’instruments ramenés, des classiques kalimbas, tablas, xylophones, flûtes en passant par les ektara, tamboa, darbouka ou guiro, pour un album aux percussions extrêmement présentes. Alors habitué à des compositions purement électronique à base de claviers et boîte à rythme, Charles-Émile Beullac s’est aventuré dans un travail d’abord acoustique via plusieurs sessions d’enregistrements de ces instruments, et dans un deuxième temps électronique en disséquant ses enregistrements afin de créer des boucles riches en accidents, sur des tempos variés. Enfin il y a eu le travail de composition à proprement parlé, ou plutôt d’assemblage des multiples combinaisons possibles.

Le résultat est étonnant. Les influences world sont forcément présentes, particulièrement marquées dès que des percussions se font entendre, superposées, enchevêtrées, faussement hésitante (Rêves agités), donnant du coup l’impression de changer sans cesse de tempo. De part les instruments précédemment cités, ces rythmiques jouent leur rôle d’entraînement, mais sont aussi mélodiques (Bambou), aquatiques, comme imitant le clapotis de l’eau (Sunda, Mirages rémanents), ou même ludique sur Fête nocturne. Mis à part une ou deux pièces un peu plus expérimentales, les mélodies sont donc toujours présentes, ne serait-ce que de manière latente (Plastic Snakes), ou particulièrement travaillées et mise en avant pour quelques titres qui touchent au sublime. Ainsi la mélodie de Soleil d’acier est construite sur des grincements métalliques, le genre de son qui habituellement vous fait grincer des dents, subjugue ici ou encore sur Mirages rémanents, semblant imiter le barrissement d’un éléphant. Mieux encore, on sera tout simplement incapable de vous dire de quel instrument sortent les notes de Les beautés s’ignorent, tintements soyeux, déformés, liquéfiés pour une mélodie qui fait mouche.

Pour une remise en question complète, Galerie Stratique d’en sort à merveille. Mis à part quelques expérimentations un peu vaines ou quelques titres qui s’étirent un peu trop en longueur, ce Faux World est riche en surprises et émerveillements.

Fabrice ALLARD
le 02/11/2008