29/11/2008
Grand Poste,
Liège
En ce froid samedi de fin novembre, la Grand Poste liégeoise était une fois de plus (mais cette période est vouée à être brève...) le cadre d’un événement musical de qualité, mis sur pied cette fois par l’association Hulapop. Si cette soirée était inscrite à l’agenda de tous les mélomanes de la cité ardente, c’est parce qu’elle nous offrait le privilège de passer, sur le coup de 3h du matin bien sonnées, 1h30 avec Radioactive Man, aka Keith Tenniswood, qui est par ailleurs le comparse d’Andrew Weatherall au sein de Two Lone Swordsmen. On passera rapidement sur le set peu attractif d’Elektrash qui précédait, et sur le très bref set de Lowrent qui suivit (la salle fermant ses portes à 5h et ces messieurs de la sécurité n’ayant pas manqué de pousser tout le monde dehors sans ménagement), pour nous concentrer sur la prestation de l’Anglais.
On confessera qu’on savait finalement assez peu de choses au sujet de Radioactive Man, mis à part l’aura qui entoure ce projet. Auteur en 7 ans de trois albums, dont le convaincant Growl paru cette année, Keith Tenniswood semble utiliser cet alias comme un espace de liberté très personnelle. C’est en tout cas l’impression qu’il nous a donnée, les compositions de cet orfèvre du son électronique n’étant en rien formatées ou dictées par de quelconques impératifs de canevas. La tonalité d’ensemble est finalement très électro-pop, avec une touche d’indus-wave, un soupçon de hip hop-dub, des éléments ambient, d’autres presque trance ; l’homme synthétise les styles avec brio et développe des thèmes et motifs harmonieusement imbriqués les uns aux autres, avec le souci constant de proposer un chatoyant paysage mélodique. Ceci ne va pas sans certaines longueurs : motivé qu’il semble bien être, souriant et concentré derrière ses machines, il paraît bien pouvoir faire durer son set deux heures, voire plus, ce qui finirait par lasser. Car évidemment, comme tout artiste électronique qui se respecte et que l’on respecte, Radioactive Man imprime certes de subtiles, constantes et agréables inflexions à son propos, mais demeure toutefois dans un style bien défini et sa palette sonore, riche et alliant intelligence des compositions et efficacité dancefloor, n’est cependant pas extensible à l’infini.
Il n’en fallait pas plus que cette heure et demie, donc, pour profiter pleinement - en dépit du froid et d’une assistance trop clairsemée - du talent évident de ce musicien à suivre, et on remerciera Hulapop de nous avoir permis de nous abreuver à sa fontaine de sons.
le 04/12/2008