18/01/2009
Instants Chavirés,
Montreuil
Comme tous les six mois, les soirées Scope, organisées par Hervé Boghossian, donnent rendez-vous aux Instants Chavirés. Après un premier numéro axé folk et un deuxième orienté électronique, le plateau de ce soir était articulé autour de la présence de David Grubbs, évoqué sur ces pages en 2002 et 2003 et un peu perdu de vue depuis.
Avant de faire place à l’États-unien, Sylvain Chauveau et Hervé Boghossian, les deux traditionnels compères des soirées Scope opérèrent en solo. Assis dos au public devant un piano a queue, le premier livra ce qu’on va considérer comme un essai, au milieu d’une carrière aussi riche que diversifiée. En effet, après avoir présenté des sets de boucles de guitare, des prestations chantées en solo ou en duo avec Félicia Atkinson, des reprises de titres de Depeche Mode avec l’Ensemble Nocturne ou des prestations plus expérimentales alternant guitare et piano, le Français offrit ce soir un petit quart d’heure d’improvisations au piano solo faites de notes espacées et d’accords résonant longuement. Nonobstant les qualités d’une telle proposition (imprévisibilité, exigence, volonté de renouvellement), on ne put occulter l’absence de structure et la dimension un rien poseuse de l’ensemble.
Au diapason des thématiques des soirées qu’il organise, Hervé Boghossian avait opéré à la guitare acoustique la première fois et au laptop la deuxième. Ce soir, il débuta au second pour un morceau fait de larsens puissants, de grésillements ronflants et de textures saturées. Assurant une transition plutôt violente avec le set de Sylvain Chauveau, ce titre fut enchaîné par un morceau à la guitare acoustique dans lequel l’instrument était vigoureusement joué au médiator. Alors qu’on espérait une alternance entre ces deux instruments, le reste du concert d’Hervé Boghossian se déroula à la six-cordes pour un résultat moins monotone qu’en décembre 2007, mais pas complètement convaincant non plus.
Tête d’affiche de l’événement, David Grubbs s’installa enfin au piano à queue tandis qu’Hervé Boghossian rejoignait son laptop et Sylvain Chauveau s’asseyait et se saisissait de sa guitare. La pièce que les trois musiciens proposèrent alors permit à chacun de tirer parti de son instrument : lignes mélodiques du piano, travail d’arrière-plan plus acéré de l’ordinateur portable et intégration de nappes de guitare avec habituel jeu sur les potentiomètres afin d’en faire varier l’intensité. Cette entame probante passée, les Français quittèrent malheureusement la scène pour laisser le New-Yorkais seul ; celui-ci se mit alors debout, à la guitare demi-caisse et livra des titres folk issus de son large répertoire. Au regard de ses dernières orientations discographiques, nous nous attendions plutôt à une présentation de morceaux moins classiques et plus sombres et sortîmes sans grande excitation des Instants Chavirés à l’issue d’un set qui se termina un peu plus rapidement que prévu en raison d’ennuis techniques de son ampli.
le 19/01/2009