Une fois n’est pas coutume, il nous faut ici saluer deux récentes décisions présidentielles : un an d’abonnement gratuit au quotidien de leur choix à tous les jeunes de 18 ans et le libre accès aux collections muséales pour les 18-25 ans. Parfois vues comme de simples gadgets, ces annonces témoignent cependant d’une volonté de faire entrer de plein pied les post-adolescents dans le champ culturel au sens large. Malheureusement, ces actions demeurent isolées tandis que, de toutes parts, les acteurs déplorent une frilosité, voire un désengagement étatique.
Pour rester sur des thématiques « jeunes », on ne peut par exemple que déplorer la perte de visibilité de la France, et notamment de sa capitale, en matière de musique électronique. En effet, fermetures de salles, changements d’axe programmatique des espaces restants, périclitation de certains tourneurs et découragement des associations organisatrices de concerts se multiplient. Aussi la France n’est-elle qu’à présent rarement traversée par les tournées d’artistes étrangers, quand ceux-ci ne se voient pas refuser leurs visas d’entrée (voir la mésaventure survenue à Konono n° 1 l’été dernier).
Plutôt que de valoriser des espaces à même d’accueillir artistes vivants et formes artistiques récentes (on annonce enfin les travaux de Pompidou-Alma, projet gelé depuis de nombreux mois, pour le printemps), le pouvoir exécutif semble préférer la mise en lumière du passé avec l’institution d’un Musée de l’Histoire de France, alors qu’on compte déjà nombre de lieux célébrant telle ou telle période historique. Pour notre part, fidèle à notre ligne de conduite, nous continuerons à nous attacher à la création contemporaine qui peut s’avérer décevante, répétitive ou complaisante, mais toujours stimulante.
le 01/02/2009