(Morr Music / La Baleine)
17/11/2008
Electronique

Phonem et Herrmann & Kleine ont mis un terme à leur carrière, Isan semble en sommeil prolongé et Manual est parti sur Darla ; demeure donc seulement, parmi les artistes phares des débuts de Morr Music, ces électroniciens qui nous enchantèrent au tournant du siècle, Bernhard Fleischmann. Le Viennois, auteur de la première référence du label berlinois, est ainsi resté fidèle à cette structure, à un rythme de production régulier (il s’agit ici de son septième album en neuf ans) et à une electronica qu’il a quand même su faire évoluer.
Au-delà de l’habitué Christof Kurzmann, Fleischmann s’est entouré cette fois-ci de musiciens avec lesquels il n’avait pas encore opéré. On découvre alors les participations de Sweet William Van Ghost, Marilies Jagsch et Daniel Johnston (oui, *le* Daniel Johnston), opérant principalement au chant (même Fleischmann lui-même, et pour la première fois, s’essaye à cet exercice). Par le passé, on avait pu souligner combien l’apport de contributions vocales à la musique de l’Autrichien était très limité, voire lui faisait perdre de sa singularité. Ici, ces interventions peuvent se faire soit assez faciles (Marilies Jagsch sur 24.12.), soit plus profondes (Sweet William Van Ghost sur In Trains) ou plus en accord avec la mélancolie qui sourd de ses compositions (Still See You Smile, Phones, Machines And King Kong reprenant la ligne parlée-chantée par Daniel Johnston et l’accompagnant d’arrangements électroniques soulignant la détresse du gorille amoureux).
Intelligemment, Bernhard Fleischmann ne se limite pas à cette electronica à haute dose mélancolique. On trouve ainsi sur cet album quelques morceaux évoluant dans un univers différent : Last Time We Met At A T&TT Concert (titre clin d’œil amusé à Tied & Tickled Trio, compère de label), naviguant entre electronica-dub et influences jazz grâce à la guitare de Christian Dolezal, le plus enlevé 24.12. déjà évoqué, The Market à la rythmique plus présente et Even Your Glasses Miss Your Eyes perpétuant l’electronica-jazz développée dans quelques-uns des albums précédents du Viennois. Angst Is Not A Weltanschauung ! (titre renvoyant aux préoccupations politiques, régulièrement exprimées par le musicien autrichien) se situe par conséquent dans la continuité de cette discographie et en constitue une nouvelle composante fort intéressante.
le 09/02/2009