(Type / Import)
08/12/2008
Electronique

Ambient / Expérimental / Type / Xela
Il y a deux ans, nous prenions acte, sans plus de passion que cela, du virage free-folk opéré par Xela : The Dead Sea se voulait un hommage au film noir tel qu’ont pu le développer Dario Argento et Umberto Lenzi. In Bocca al Lupo s’annonce, au-delà de son titre en italien (illustré par une pochette réalisée une nouvelle fois par l’excellent Matthew Woodson) et de ses noms de morceaux en latin, comme un prolongement du précédent album de l’Anglais ; mais un prolongement qui dépasse le cadre du free-folk pour plonger dans une ambient expérimentale opaque au possible.
Cette volonté de s’attacher plutôt à des textures sombres et à des superpositions de couches obscures résulte en vérité aussi bien d’une volonté de renouvellement de John Twells que de la genèse de ce disque, initialement conçu comme une bande-son d’une installation travaillant la thématique de la peur. De fait, entre les cloches sonnant le glas, les pulsations répétées semblables à des pas qui se rapprochent, les nappes angoissantes, les quelques plages mélodiques affublées de tremblements inquiétants, les phrases-prédications disposées çà et là et les crépitations alarmantes, difficile d’avancer pleinement rassuré dans ce nouvel album de Xela. Garantissant la pleine réussite de l’entreprise, ce sentiment d’appréhension ne nous quittera nullement pendant l’heure que dure le disque, renforcé par la structure de celui-ci, divisé en quatre morceaux allant de douze à vingt minutes chacun, mais construits de telle manière que le passage de l’un à l’autre est quasi-imperceptible.
Alors qu’une première écoute nous avait donné l’impression d’un dispositif trop uniforme, nous conduisant même à regretter que l’album ne dure pas moins longtemps, des retours ultérieurs nous permirent d’apprécier autrement In Bocca al Lupo. Il faut en effet probablement accepter de se laisser emporter dans ce voyage macabre et dérangeant pour véritablement réaliser le travail minutieux ici réalisé par le Britannique, à l’image de la montée progressive en puissance de la texture saturée d’In Misericordia ou de l’introduction de toms sourds dans Beatae Immortalitatis, prélude à un déluge sonore pas plus tranquillisant que le reste du disque. C’est dans ces conditions qu’on pourra mesurer l’ampleur prise par Xela, à présent complètement à l’aise dans ce style musical.
le 14/02/2009