du 24/1/2009 au 28/3/2009
Espace Claude Berri,
Paris
Ouvert il y a un peu moins d’un an, l’Espace Claude Berri témoigne du goût pour l’art contemporain du défunt homme de cinéma. Alternant présentations personnelles (d’artistes majoritairement français) et expositions collectives (consacrée par exemple aux plasticiens indiens), le lieu pioche un peu partout dans la collection constituée depuis une trentaine d’années. En ce début 2009, c’est Stéphane Calais qui, sur la lancée de son exposition au Crédac à l’automne 2008, et malgré sa non-victoire au dernier Prix Marcel Duchamp, bénéficie d’une monographie dans l’espace situé à deux jets de pierre du Centre Pompidou.
Présentant des œuvres assez récentes, celle-ci nous permet de retrouver le travail très relâché sur le trait cher au créateur français. Ce type de dessin est ainsi mis au service d’une appétence pour la botanique dans H et L’Herbier d’Étretat, séries dans lesquelles les premières reproductions de feuilles sont réalisées sur des grands carrés de PVC, puis superposées de manière différente et sérigraphiées sur du papier. Offrant des formes variées, ce procédé imprime alors une sorte de mouvement très chorégraphié, presque vivant, aux végétaux ainsi créés. Même travail sur l’hybridation avec la série qui donne son nom à l’exposition : mélanges de ballons de basket-ball, plumes et autres matériaux. Semblables à des plantes d’appartement suspendues, ces « sculptures-collages » se font à la fois exotiques et diablement familières, en tout cas plus vivantes que Waiting-Room (SA), peinture colorée paradoxalement très plate.
L’exercice de superposition trouve son prolongement avec La Pléiade, alignement tautologique (comme dans une bibliothèque) de soixante sérigraphies représentant des portraits d’écrivains combinés et continuation de la série de dessins M. H. S. vue au Crédac (même goût pour les figures historiques, la portraitisation et la sérialisation). Sortant de la bi-dimensionalité de la feuille de PVC ou de papier, le dessin de Stéphane Calais peut aussi se muter en composition sculptée (Magnolia) présentant trois créations aux contours similaires mais aux couleurs différentes (noir, blanc et gris), entre ornementations en fer forgé et symbolisation d’une énergie libérée. Exactement alignées, ces trois formes n’en sont pas moins différentes de par leurs couleurs et l’apposition de feuilles de papier à même leurs « branches » ; ou comment, pour le plasticien français, se renouveler tout en poursuivant la même recherche stylistique.
le 04/02/2009