Fanny

 auteur

Marcel Pagnol

 metteur en scène

Irène Bonnaud

 date

du 24/09/2008 au 31/10/2008

 salle

Théâtre du Vieux-Colombier,
Paris

 appréciation
 tags

Marcel Pagnol / Théâtre du Vieux-Colombier

 liens

Théâtre du Vieux-Colombier

 dans la même rubrique
du 09/12/2025 au 17/12/2025
Pedro
(La Commune)
du 02/12/2025 au 13/12/2025
Nos Assemblées
(Théâtre Silvia-Monfort)
du 06/11/2025 au 22/11/2025
Superstructure
(Théâtre des Amandiers)
du 20/05/2025 au 24/05/2025
Une Ombre Vorace
(Théâtre Silvia-Monfort)

Largement commentée (notamment en raison de l’absence d’accent des comédiens), la création de Fanny à la Comédie-Française, en son Théâtre du Vieux-Colombier, constitue une bonne occasion de confronter la pièce pagnolesque à la scène, déshabillée du pittoresque souvenir des films des années 1930.

Précisément, Irène Bonnaud ambitionnait, dans sa mise en scène, de sortir la dramaturgie de son contexte marseillais afin de tendre vers une forme d’universalité. À cet égard, le programme convoque les origines grecques de la cité phocéenne afin de relier Fanny à l’essence même de la tragédie, comme s’il s’agissait à tout prix de sortir du mélo familial et ensoleillé que la mémoire collective convoque. Pourtant, ce pari s’avère d’autant plus difficile à tenir que cette tentative de globalisation du propos est mise à mal par d’incessants rappels à l’environnement marseillais : des bateaux qui peuplent le Vieux-Port au badaud arborant le maillot de l’OM en passant par l’inévitable épisode à Notre-Dame de la Garde où Fanny va pleurer son malheur. Dès lors, la tragédie n’apparaît véritablement, comme l’universalité tant espérée, que dans le dernier acte, lorsque le propos se recentre sur le quatuor Marius-César-Fanny-Panisse, débarrassé de la mère et de la tante de la jeune fille ou des autres personnages secondaires.

Auparavant, tandis que le risque du mélo n’est pas toujours évité (la dramatique sociale liée à la condition de fille-mère de Fanny ne parvenant jamais à prendre), l’absence d’accent rend plates ou vulgaires des répliques qui semblaient plus folkloriques dans le film : « Quand on n’a pas d’enfants, on est jaloux de ceux qui en ont et quand on en a, ils vous font devenir chèvre ! La Sainte Vierge, elle n’en a eu qu’un et regarde un peu les ennuis qu’il lui a faits ! » ou « A force de lui mettre le thermomètre dans le derrière à ce petit, on finira par lui donner de mauvaises habitudes ». À cette sensation de rupture non maîtrisée de langage s’ajoutent quelques anachronismes malvenus : alors que les lettres de Marius mettent un mois à arriver et qu’on annonce l’opprobre pour celle qui est enceinte sans être mariée, un téléphone portable circule entre les mains d’un acteur et la chaîne hi-fi crache Gimme ! Gimme ! Gimme ! (A Man After Midnight) ou Les Démons de Minuit. Dans la continuité de cette impression bancale, Marie-Sophie Ferdane éprouve de réelles difficultés dans les trois premiers actes, ne sachant trop que faire de son corps trop grand avant de prendre vraiment conscience de celui-ci dans la dernière partie, lorsqu’elle devient femme et mère et que le tragique naît enfin.

François Bousquet
le 17/02/2009

À lire également

du 26/03/2008 au 27/04/2008
Bonheur ?
(Théâtre du Vieux-Colombie)
du 15/04/2009 au 17/05/2009
Pur
(Théâtre du Vieux-Colombie)
du 20/05/2008 au 29/06/2008
Yerma
(Théâtre du Vieux-Colombie)
du 30/01/2011 au 20/02/2011
La Maladie de la Famille
(Théâtre du Vieux-Colombie)