(Brume Records / Nuit & Brouillard)
25/06/2008
Electronique

Breakcore / Brume Records / Electronica / Fractional / Industriel
Fractional est le projet du Liégeois Pierre Remy déjà auteur en 2006 de l’album Aliwen sur le label néerlandais AKH Records et qui a souvent été rattaché à la scène drum’n bass tendance breakcore et industriel. Voyant ce nouvel album arriver chez Brume, on s’attendra à la voir flirter avec cette scène electronica-industrielle aux sonorités un peu arides. C’est à l’écoute des premiers titres que la surprise commence, alors que l’on découvre un album bien plus subtile et varié que ce à quoi on pouvait s’attendre. Alors qu’en est-il ? Album de la maturation ?
Fractional surprend, et c’est tout à son honneur. On en est même surpris de trouver ce disque chez Brume Records, agréablement surpris bien sûr. Comme on ne connaissait pas Fractional avant ce Come Mierda, on ne sait pas si le ton s’est assagi, toujours est-il qu’il nous propose ici un album contrasté, se jouant des genres et refusant les étiquettes.
Comme on le disait, l’album commence en douceur avec de fines notes de piano et des basses profondes et rondes, chaleureuses, rappelant le son des vieux synthés analogiques. Des mélopées aigrelettes que ne renierait pas Plaid et une impeccable déferlante drum’n’bass finissent de combler ce formidable Misute. Cette finesse mélodique oriente le disque vers d’autres territoires, une sorte d’electronica mélodique et péchue. La suite tend à confirmer un certain attachement pour les sonorités old school : arpèges synthétiques et mélodie évoquant un theremin sur le technoïde et soyeux Ceras, batterie syncopée et sonorités tournoyantes sur un Leta assez dérangé, le Belge accorde indéniablement une place importante au travail de ses sons, et le résultat touche au sublime sur Kasida qui témoignent d’un sens certain de la poésie électronique évanescente avec ses bribes vocales, onomatopées mélodiques, un morceau d’ailleurs repris par Detritus et Disharmony sur les deux remixes qui clôturent l’album.
Ca, c’est pour les "tubes". A côté, Fractional expérimente en jouant sur les collages créant des ambiances sombres et dérangées, inquiétantes sur Zrthstr, adopte un tempo alangui avec des claviers flottants, sorte de trip-hop industriel avec Sibi, intègre de chouettes influences world sur le percussif Sunda, et semble revenir parfois aux basiques de ses hérauts (Boymerang, Photek, Future Loop Foundation...) avec quelques titres plus proches du breakcore comme En attendant ou Quigan.
Si l’on reste globalement dans un univers bien connu, borné par l’electronica et la musique industrielle, Fractional s’amuse à emprunter tous les chemins de traverse qu’il peut croiser et produit au final un album riche, varié et surprenant, enrichi d’une vidéo de Misute réalisée par le vidéaste belge renommé Antonin De Bemels. Certainement l’album qu’il manquait pour assoir définitivement le talent de son auteur.
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le 07/04/2009