IBM 1401 - A User’s Manual

 chorégraphe

Erna Ómarsdóttir

 date

12/12/2002 et 13/12/2002

 salle

Ménagerie de Verre,
Paris

 appréciation
 tags

Erna Ómarsdóttir / Jóhann Jóhannsson / Ménagerie de Verre

 liens

Jóhann Jóhannsson
Ménagerie de Verre
Erna Ómarsdóttir

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Il s’agissait ce soir de notre première visite à la Ménagerie de Verre dans le cadre du festival des Inaccoutumés, un déplacement motivé par la présence de Jóhan Jóhannsson qui vient de sortir un album sur le label Touch intitulé Englabörn. Si la musique est belle et bien jouée en direct, il ne s’agit pas pour autant d’un concert, mais d’un spectacle alliant musique et danse, cette dernière étant assurée par Erna Ómarsdóttir, également islandaise.

IBM 1401 - A User’s Manual est un spectacle écrit par ces deux artistes, qui propose une réflexion sur la relation homme-machine, le titre provenant du nom du premier ordinateur fabriqué en Islande en 1964.
Alors qu’on entre dans la salle, on entend une voix qui chante une mélodie simple tenant sur quatre notes. On se rend rapidement compte que celle-ci provient de la danseuse, assise par terre et habillée de câbles. Le public entre, s’installe et a alors l’impression d’arriver au milieu du spectacle.
Une fois tout le monde installé, Jóhan Jóhannsson vient débarrasser la danseuse de ces câbles, la revêt d’un pull et étend ses membres contractés. Il prend ensuite place derrière un orgue et commence à jouer sa partie musicale, donnant ainsi vie à la danseuse qui semble sortir d’un long sommeil. Mouvements faits à la fois de grâce et de dureté, Erna Ómarsdóttir semble prise de convulsions, se battre contre un fantôme selon un art martial encore inconnu. C’est à la fois dur avec de nombreuses chutes, sec, plein de tension, mais aussi de sensualité, de douceur, un véritable concentré d’images, d’émotions.
On ne verra pas toujours bien cette relation entre homme et machine, mis à part quand la danseuse s’arrête comme un automate que Jóhan Jóhannsson vient relancer en lui donnant un coup dans le dos.

La musique quant à elle, dans un registre néo-classique à base de cordes et d’orgue était relativement simple, mais belle et mélancolique, traduisant les mêmes émotions que la danse : un mélange de peine et de douleur qui jouaient de concert lorsqu’Erna se mit à lancer des cris stridents. Pour terminer la danseuse reprend son chant qu’elle entonnait en début de spectacle, jusqu’à ne plus avoir de souffle, jusqu’à l’extinction finale.
Si l’on devait faire un reproche, il se porterait vers le côté répétitif de la chorégraphie, avec les mêmes gestes qui reviennent régulièrement et qui perdent peut-être un peu de leur force au fil du spectacle.

Bien plus qu’un concert de Jóhan Jóhannsson, nous avons vu ce soir un superbe spectacle, fruit d’une véritable collaboration, et une danseuse exceptionnelle. Un spectacle un peu court (40mn) mais particulièrement dense, dont la musique était le complément parfait à cette chorégraphie.

Fabrice ALLARD
le 15/12/2002

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