Les Apiculteurs

 auteur

Nikolaï Rostchine

 metteur en scène

Nikolaï Rostchine

 date

du 05/12/2002 au 10/12/2002

 salle

Théâtre de la Cité Internationale,
Paris

 appréciation
 tags

Nikolaï Rostchine / Théâtre de la Cité Internationale

 liens

Théâtre de la Cité Internationale

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Dans le cadre de "Moscou sur scène", le mois du théâtre russe contemporain à Paris, le Théâtre de la Cité Internationale accueille deux créations scéniques, dont Les Apiculteurs, qui relève davantage du spectacle visuel que d’une pièce de théâtre à proprement parler.

Inspiré par les tableaux de Bruegel l’Ancien et de Jérôme Bosch et joué par le collectif La Nef des Fous, Les Apiculteurs est une plongée dans l’univers tourmenté de Nikolaï Rostchine, directeur de la troupe. Se trouve tout d’abord sur scène un soldat tout droit tiré des films de propagande soviétiques, on suit ses déambulations, rencontres (un rat géant en peluche, un ange) et péripéties (running-gag très efficace autour du téléphone). Si on a un peu de mal, au début, à entrer véritablement dans le spectacle, on se prend peu à peu au jeu, aidé en cela par une envoûtante bande sonore. Le soldat laisse ensuite sa place à une subtile évocation de la chute d’Icare, puis de la mort.

Entre chaque saynète et à chaque fois qu’un protagoniste vient à mourir ou à basculer dans l’au-delà, surgissent, tels un chœur antique implacablement macabre, les apiculteurs. Entièrement vêtus d’une tenue anti-piqûres d’abeille et portant chacun une hotte, ces quatre personnages permettent à la fois de faire d’habiles transitions entre les différentes évocations des tableaux, d’entraîner les autres comédiens de l’une à l’autre et d’incarner le Mal sans pour autant apparaître comme foncièrement méchants ou mauvais.

Si le premier tiers du spectacle s’attarde un peu trop sur les trois premières scènes, la pièce s’accélère par la suite, au fur et à mesure que les tableaux s’enchaînent, la langue n’étant jamais un barrage puisque la pièce est majoritairement muette, quelques onomatopées mises à part. On notera notamment une savante représentation de Le combat des tirelires et des coffre-forts, une charmante métaphore mettant en scène un homme attrapé par un hameçon géant ou bien l’intrusion, comme salvatrice, d’un bateau échoué qui permet aux héros d’échapper à la Mort. Profitant pleinement de l’intégralité de l’espace scénique à leur disposition, les comédiens russes vont et viennent, sautent et se roulent par terre, courent et se suspendent à des cordes, se réappropriant parfaitement les planches du théâtre parisien.

François Bousquet
le 07/12/2002

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