Gisèle Vienne
du 30/01/2003 au 01/02/2003
Maison des Arts,
Créteil
Gisèle Vienne / KTL / Maison des Arts / Peter Rehberg / Pita / Tujiko Noriko
Ayant raté il y a un peu moins d’un an ShowRoomDummies, le précédent spectacle du Groupe DACM, nous ne pouvions faire deux fois cette erreur. On tenta donc ce nouveau spectacle, toujours sur une musique de Pita, et traitant encore de notre relation au corps, de sa transformation, des codes et significations de la gestuelle.
Décors froid, sombre et minimal : une rangée de chaises à gauche, une rangée de tables avec des chaises de part et d’autre côté droit. Une étagère en fond de scène et à droite sur lesquelles sont disposés des cagoules en latex. Ils commencent sans musique, deux danseuses sont sur scène, toutes deux habillées en noir. L’une, petite, faisant penser à une adolescente avec sa jupe légère et son t-shirt, la seconde grande et mince ressemblant plus à une femme d’affaire dans son tailleur-pantalon. Celle-ci prend des poses très marquées que l’on a déjà vu maintes fois, que ce soit au cinéma, dans des magazines de mode, affiches publicitaires. Des poses qui sont des codes, signifiant la fierté, la provocation, la sensualité, le replis sur soi.
Les autres danseurs arrivent ensuite, tout aussi stéréotypés : une infirmière, une femme en robe de soirée, une autre en tutu. Ils dansent parfois ensemble, parfois seul et rapidement s’installe un rapport dominant/dominé. Le petit rat de l’opéra devient le jouet de l’adolescente mais la machine s’enraye, le jouet veut prendre le dessus, et rapidement tous les codes de notre société contemporaine se renversent jusqu’à ce que le seul homme de la troupe, vêtu d’une cagoule en latex devienne le jouet d’une femme également vêtue de latex et talons aiguilles rouges.
Dans une dernière partie ils reviendront sur les poses stéréotypées, quand trois danseuses passeront d’une position à une autre de façon rapide et saccadée, comme des robots qui semblent parfois mal en point et passent pas des postures plus étranges, plus libres, comme si la liberté était obtenue en dépassant les codes.
Du strict point de vue du fond, le spectacle s’avéra plutôt convaincant, intéressant. La danse étant une discipline plus difficilement narrative, des choses passent de façon plus subtiles, et se ressentent puisqu’elles sont non dites. Mais on sera plus réservé sur la forme. Pourtant si un message est passé, peut-être que la forme était appropriée...
On regrettera quand même d’être resté en dehors de cette mise en scène trop froide, trop rigide, et en quittant la salle on se demandera ce que l’on a vu. S’il s’agit d’un spectacle de danse, celui-ci se situe tout de même au croisement avec le théâtre avec de longs passages sans musique et une chorégraphie minimaliste.
On terminera par la musique de Pita (Peter Rehberg), déjà responsable de la bande son de ShowRoomDummies alternant passages durs et d’autres plus ambient, assez représentative de ce qu’il fait par ailleurs. Au niveau musical, la surprise tenait plus dans la présence de Noriko Tujiko, chantant deux chansons au milieu des danseurs, et s’amusant même à les dominer en leur donnant des ordres.
le 05/02/2003