Dumb Type
Dumb Type
du 03/12/2003 au 13/12/2003
Maison des Arts,
Créteil
On découvrait Dumb Type sur scène pour la première fois il y a deux ans, lors de la présentation de Memorandum à la Maison des Arts de Créteil. Cette première pour nous fut une découverte majeure de par l’intégration d’une multitude de disciplines au sein d’un même spectacle et au service d’un même but. Musique, danse, théâtre, vidéo fusionne ici pour former une nouvelle discipline artistique dans laquelle Dumb Type, en tant que précurseur, reste le fer de lance.
S’il y a bien une trame, un fil conducteur, les spectacles de Dumb Type s’apprécient aussi et principalement pour nous au niveau émotionnel, en fonction de ce qu’évoquent certains tableaux ou certaines scènes pour reprendre le vocabulaire du théâtre, celles-ci étant bien souvent oniriques et/ou poétique. Ce Voyage est à l’échelle d’une vie sur Terre, tel une expédition dans l’inconnu, faite de doutes, de questions, dont les solutions et réponses nous parviennent à force d’errances et l’aide d’une boussole.
Tout commence par l’obscurité, trois sphères énormes envahissent la scène, et au milieu, une femme danse lentement, prenant des poses magnifiquement mises en valeur par un éclairage minimal et précis. Il s’agit là des premiers mouvements, hésitants sur une nappe ambient fantomatique. La scène suivante fait penser à une expédition spéléo assurée par deux jeunes femmes que l’on prendra pour des enfants (gestuelle, cris) perdus et faisant face à un accident. Les sons de la scène se mêlent alors à une bande son enregistrée, les voix des comédiennes sont petit à petit traitées pour apporter une réverbération faisant croire qu’elles sont réellement dans une grotte. L’arrivée à l’âge adulte et ses multiples questionnements prendra la forme d’une carte du monde et de l’étendu de zones encore inexplorées, de choix à faire. Là, une jeune femme découpe une partie de la carte, et sur ce morceau de papier tape à la machine les référence de vols.
Les rêves d’enfant prennent le relais, superbement mis en scène par une jeune femme allongée sur un tapis. Celle-ci est également filmée de dessus, et l’image est projetée en fond de scène, incrustée dans des paysages somptueux de notre planète. L’ensemble prend une dimension irréelle, poétique, tout en mettant en relief, avec ces ’I wish I were...’, des rêves inaccomplis. Après quelques scènes de comédies musicales, ce voyage s’élève vers des contrées plus lointaines et apaisées. Commençant dans les entrailles de la Terre, ce voyage est une lente élévation, et on finira dans l’espace en compagnie de cosmonautes pour un ballet aérien, et retourner ainsi à la douce sérénité et la rondeur des boules présentes sur scène alors que l’on retrouve la même danseuse et ses mouvements lents et contrôlés.
Nouveau spectacle et nouvel enchantement devant cette nouvelle manière de raconter des histoires. On est toujours autant fasciné, que ce soit par la maîtrise des techniques ou par le rendu émotionnel.
le 10/12/2003