Mathilde Monnier
du 08/07/2004 au 10/07/2004
Centre Pompidou,
Paris
Trois représentations de Déroutes au Centre Pompidou, une reprise d’un spectacle qui date de décembre 2002 et qui était réalisé dans le cadre d’une collaboration entre le Festival d’Automne de la ville de Paris et le Théâtre de la Ville où elle présentera dans quelques mois son nouveau spectacle intitulé Publique.
On ne connaissait Mathilde Monnier que de nom et de réputation en venant au Centre Pompidou ce soir. On arrive ici vierge de toute idée et a priori, uniquement dans le but de la découverte. Déroutes est basé sur Lenz, une nouvelle de Georg Büchner qui date de 1835, et raconte la vie de Lenz, un poète qui passe sa vie à marcher. La marche sans but, la dérive au grés des éléments extérieurs rencontrés tout au long du parcours, la marche pour oublier, celle dont Cioran vante les mérites.
Le spectacle commence alors sans que l’on s’en rende réellement compte : les lumières ne sont pas éteintes, et les danseurs marchent sans but, traversent la scène de long en large, étendent l’espace scénique en poussant leur marche jusqu’au public, pénètrent sur la scène d’un côté et la quitte de l’autre, ils errent. Petit à petit chaque danseur trouve son propre rythme, et altère sa marche en la ponctuant d’accélérations pour certains, de ralentissements pour d’autres créant des images figés de marche. Sur scène divers obstacles et accessoires sont disposés, avec lesquels les danseurs viennent jouer, mais ceux-ci ne rentrent quasiment jamais en interaction. Parmi ces accessoires, certains font partie d’une installation sonore d’ErikM. Des micros sont disposés et captent les sons produits par les danseurs, que le musicien traite en direct. Celui-ci se ballade également sur scène, venant brancher des pompes à air comprimé qui produiront des drones, finissant de briser les repères entre scène et non-scène, à l’image des éclairages de la salle qui s’allument de temps en temps, comme si le spectacle était fini.
Le démarche aurait alors été à son comble si Déroutes n’avait pas été un spectacle, mais une installation interactive au sein de laquelle le public pourrait lui aussi se déplacer.
D’un abord difficile, petit à petit des accroches se font, jouant en grande partie sur l’humour et le jeu. Un danseur brise des cubes de glace sur lesquels il est assis, un autre fait sans cesse le même parcours vêtu à chaque fois différemment, alternant tenues militaires, et Père-Noël, un autre semble faire du patin à glace avec des patins en glace, etc...
Un spectacle original où la danse au sens où on l’entend en général n’est qu’accessoire, une sorte de croisement avec du théâtre muet.
le 13/07/2004