Philippe Quesne
Philippe Quesne
du 24/09/2004 au 13/10/2004
Théâtre de la Bastille,
Paris
Jeune plasticien, Philippe Quesne passe à la mise en scène avec La Démangeaison des Ailes, revue-spectacle où est explorée, dans un joyeux foutoir savamment organisé, la quasi-intégralité du champ sémantique du vol : des oiseaux aux avions en passant par l’aéromodélisme et le mythe d’Icare.
Première surprise : on entre dans la salle par la scène, en passant dans un mini-studio d’enregistrement, futur élément du décor, qui fait à la fois office de miroir que l’on traverse pour pénétrer pleinement le spectacle de Philippe Quesne et de clin d’œil connivent destiné à assurer une certaine complicité entre le public et les acteurs qui sont déjà en place quand on arrive. S’ensuivent donc de multiples évocations de cette « démangeaison des ailes » qu’a toujours connu l’être humain et les moyens qu’il a trouvé pour y satisfaire : fausse expérience loufoque et décalée de vol virtuel, recréation in vivo du tableau de Breughel La Chute d’Icare, tentative avortée de faire décoller un tabouret de cuisine à l’aide d’un propulseur fait d’une canette vide, réalisation pendant tout le spectacle d’un costume d’oiseau tout en plumes… Des entretiens vidéo et des enregistrements sonores viennent, en outre, s’associer à ces performances en direct, élargissant le champ des possibles : interview d’un chirurgien-dentiste passionné par l’aéromodélisme, intervention d’une professeur de philosophie lisant un texte de Platon sur l’envol de l’âme amoureuse, diffusion d’un disque où des charmeurs d’oiseaux recréent le cri des volatiles, extrait d’un commentaire « sportif » issu du Salon du modélisme…
Si l’on rit souvent dans La Démangeaison des Ailes, revue-spectacle qui, visuellement, s’apparente fort à un délire entre copains (ce que vient corroborer l’arrivée de The Subtle Turnhips, groupe de rock au look « Deschiens »), on n’en est pas moins questionné sur cette propension humaine à vouloir s’approprier le ciel, en plus de l’espace terrestre, et sur les difficultés que rencontre l’Homme à vouloir aller contre l’ordre naturel. Pour autant et même si son côté hétéroclite dessert parfois un peu son propos (comme souvent dans ce genre de pièce, on a du mal à suivre tous les événements - inégaux, par ailleurs - qui ont lieu, en même temps, sur le plateau), c’est un vaste sentiment de liberté qui prédomine tout au long de la représentation que l’on quitte l’esprit léger et enjoué.
Autres dates :
– du 25 au 29 janvier 2005 : Nouveau théâtre – Besançon
– du 9 au 12 mars 2005 : Forum – Blanc-Mesnil
– 17 mars 2005 : Lieu Unique - Nantes
– du 6 au 9 avril 2005 : Centre Dramatique de Bretagne - Lorient
– 6 décembre 2005 : Vivat – Armentières
– 5 avril 2006 : Faïencerie – Creil
– 26 et 27 mai 2009 : Rose des vents – Villeneuve d’Ascq
– du 25 au 29 novembre 2014 : Ménagerie de Verre - Paris
le 04/10/2004