du 21/03/2009 au 31/05/2009
Wiels,
Bruxelles
Occupant l’intégralité d’un des étages du Wiels (ce centre d’art contemporain ouvert il y a un peu moins de deux ans et qui semble encore en finition), l’exposition personnelle de Bruno Serralongue nous permet de retrouver les travaux les plus récents du photographe français. Attaché à une forme proche du photo-journalisme, l’artiste y présente trois séries ainsi qu’un diaporama. Les Manifestations compte ainsi près de 700 diapositives prises pendant les défilés des grandes grèves de 1995. La durée de projection de chaque diapositive est astucieusement calibrée sur la durée totale de présence de l’exposition dans le lieu qui l’accueille. À Bruxelles, le changement s’opère donc toutes les 31 minutes.
Tout aussi ancrés dans l’actualité (mais plus récente encore), Rise Up, Resist, Return et Tibet In Exil retracent d’une part le parcours de la flamme olympique en 2008, et les différentes protestations en faveur d’un Tibet libre qui ont pu l’accompagner et, d’autre part, la réunion de chefs religieux en exil. Nécessaires du point de vue du témoignage, ces deux séries font cependant preuve d’une bonne conscience un peu trop affichée et reprennent des images et thèmes déjà largement parcourus, surtout en cette période de 50e anniversaire du soulèvement tibétain et de l’exil du Dalaï Lama.
On retrouve cette sensation de trop grande proximité avec l’actualité immédiate dans Calais 2006-2008, série attachée aux migrants en attente de traversée de la Manche. A fortiori, Bruno Serralongue joue de malchance puisque cette exposition ouvrait dix jours après la sortie du film Welcome, ses réactions et contre-réactions et la multitude de reportages écrits et audiovisuels qu’il a pu susciter (note personnelle : pour en rajouter, nous travaillons dans une Institution qui a à connaître de cette problématique). Dès lors, difficile de trouver en cette série un véritable apport, bien que le regard du Français soit ici aussi empreint d’une grande humanité. Pourtant, il frôle par endroits avec une certaine esthétisation de la misère dans la capture d’abris de fortune placés au milieu des bois et qui se fondent quasiment dedans, ou dans la prise à la nuit tombante d’un Algeco qui en devient presqu’insaisissable, perdant la force du réel de la démarche initiale.
le 18/04/2009