La Festa

 auteur

Spiro Scimone

 metteur en scène

Galin Stoev

 date

du 13/03/2007 au 22/04/2007

 salle

Théâtre du Vieux-Colombier,
Paris

 appréciation
 tags

Spiro Scimone / Théâtre du Vieux-Colombier

 liens

Théâtre du Vieux-Colombier

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Dramaturge sicilien né en 1964, Spiro Scimone a déjà vu ses textes régulièrement montés en France (Bar, Il Cortile). Cette fois-ci, c’est la Comédie-Française, au sein du Théâtre du Vieux-Colombier, qui l’accueille dans une mise en scène de Galin Stoev, ce Bulgare dont nous avions apprécié le travail sur Oxygène, au Théâtre de la Cité Internationale à l’automne dernier.

Fable cynique sur une famille (père, mère, fils d’une trentaine d’années), La Festa se concentre sur ces échanges verbaux où tout est source de reproches et de conflits : café trop sucré, lait périmé, heure de retour au foyer, etc… Pendant que la mère se plie, après quelques résistances, aux ordres de son mari (apporter les pantoufles, faire chauffer l’eau de la toilette), le fils lui sert d’exutoire, lui qui gagne sa vie et peut lui permettre de s’acheter un nouveau chapeau. Alors que le quotidien se répète inexorablement, les personnages démontrent une volonté de vivre une autre réalité qui ne dépasse toutefois pas le stade du fantasme puisque bien que se plaignant du fonctionnement familial, personne ne songe à le quitter.

Dans cette optique, la mise en scène choisit de mettre de côté la critique sociale pour se concentrer sur cette sorte d’enfermement mental des héros. Disposant deux caissons de plastique transparent figurant la cuisine et la salle de bains, Galin Stoev y enferme parfois ses personnages qui disparaissent alors quasiment dans la fumée de cigarette ou dans la vapeur d’eau. Tandis que l’option du metteur en scène s’avère probante lorsqu’il s’agit de s’attacher aux ressorts psychologiques du père, de la mère et du fils, elle confère par moments à la pièce un sentiment d’étouffement qui l’empêche de pleinement toucher. S’appuyant sur la force du fatum, sur ce déterminisme qui ne permettrait pas au trio d’envisager autre chose que ce qu’ils vivent actuellement, Stoev semble pourtant ouvrir une porte dans la dernière scène. Le cynisme et la cruauté que l’on commençait à trouver trop marqués font ainsi place à une lueur d’espoir par le biais d’un pas de danse réconciliateur et apaisant entre les deux parents.

François Bousquet
le 02/04/2007

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