Lars Norén
Mélanie Leray et Pierre Maillet
du 17/09/2007 au 20/10/2007
Théâtre de la Bastille,
Paris
À l’honneur en ce début de saison francilien avec quatre pièces à l’affiche d’ici janvier 2008, le dramaturge suédois Lars Norén trouve idéalement sa place au Théâtre de la Bastille (qui donnait déjà, la saison passée, Automne et Hiver), avec La Veillée, huis clos destructeur pour deux couples.
Au soir de l’enterrement de leur mère, alors que l’urne funéraire trône sur la table basse, deux frères s’étripent tandis que leurs compagnes s’interrogent sur l’avenir de leurs couples respectifs. Sur cet argument très classique de tout Kammerspiel étouffant, Lars Norén n’hésite pas à pousser le caractère réaliste de ses dialogues et situations afin de traiter, en deux heures, l’évolution de relations humaines complexes : couple, fratrie, paternité multiple, séduction… Fréquemment contrebalancé par un cynisme et un humour noir plutôt bien sentis, le propos se perd pourtant dans une sorte de naturalisme un peu trop forcé comme s’il fallait absolument passer par l’alcool, le sexe et les éclats de voix, éternels vecteurs cathartiques.
Il est vrai que la mise en scène de Mélanie Leray et Pierre Maillet ne freine nullement ces inclinaisons en insistant notamment sur les obsessions des personnages, qu’elles soient mentales ou artistiques : les diapositives de Christ crucifié de Rembrandt qu’un des frères projette régulièrement au mur, la chanson ¿ Porque te vas ? (extraite de Cria Cuervos, film portant, comme de bien entendu, sur de difficiles rapports humains) que se passe en boucle l’une des deux jeunes femmes, etc… En revanche, on saluera la présence de grands miroirs déformants au fond de la scène, aptes à renvoyer aux personnages leur image contrefaite, à l’instar de ces échanges verbaux où se défont et se dénaturent leurs relations.
le 30/09/2007