(iDEAL Recordings)
12/06/2008
Electronique

Ambient / Dalglish / iDEAL Recordings / Musique Concrète / O.S.T.
Waetka, dernier album en date de O.S.T., devrait aussi être son dernier sous ce pseudo, puisque l’on nous présentait Dalglish l’été dernier comme étant la suite de O.S.T.. Ce Waetka était presque inespéré, Chris Douglas n’ayant presque rien sorti pendant 5 ans, depuis son exil à Berlin.
O.S.T. produit de la musique depuis 1992 et son EP Basilar, alors avant-gardiste et largement salué par la critique, a une époque où la musique électronique était dominée par la scène de Detroit, où Chris Douglas vivait à l’époque. Depuis, il apparaît un peu comme un maître du genre dark-ambient, tendance expérimental, flirtant avec la musique concrète. Waetka ne déroge pas à la règle et à l’image de la pochette, il propose une musique sombre et fracturée. Le principal composant de la musique d’O.S.T. n’a pas changé, il s’agit toujours d’un croisement de souffles, textures et nappes, toujours grave, souvent sourd, comme étouffé, certainement créé par de lourds effets de réverbération, donnant l’impression que ces sonorités sont jouées et enregistrées dans un immense hangar, une friche industrielle. Il s’agit d’ailleurs de l’autre composant prédominant : une influence indus que l’on retrouve dans le choix de nombreuses sonorités métalliques, que ce soit des grincements sur Munretha et le dernier morceau sans titre, un fracas bruitiste comme jouant avec des chaînes sur Faem, ou des coups percussifs, qu’ils soient tintants ou plus sourds et faisant penser à des chocs sur la coque d’un bateau (Docmehas).
Tout cela est finalement assez habituel dans les productions de Chris Douglas, et Waetka s’inscrit donc bien dans la lignée de ses précédents travaux. Du coup c’est l’apparition certes timide de sonorités plus "musicales" voire mélodiques qui surprend agréablement, comme si l’artiste torturé parsemait son travail de quelques éclaircies. On trouve ainsi des nappes de cordes, certainement créées en passant un archet sur une guitare (Owitharn), mais pouvant faire illusion avec un violoncelle sur le très beau final de Uldrtrosa. L’apparition de sons enregistrés un peu plus clair que d’habitude tend à faire pencher certaines pièces vers la musique concrète (Ornoc), flirtant avec une fête foraine sur Cruaecis ou jouant sur des atmosphères plus minérales avec le fantomatique Nowias. On remarquera enfin des résonances métalliques flottantes qui semblent provenir d’un theremin sur Docmehas, et enfin comme des chœurs noyés sur le dernier morceau.
O.S.T. reste donc bien dans un registre dark-ambient, mais la lumière semble poindre parfois sur cet album qui fera donc une parfaite transition avec le Ideom de Dalglish.
le 18/04/2009