(Baskaru / COD&S Distribution)
27/01/2009
Electronique

Ambient / Baskaru / Field Recordings / Francisco López / Lawrence English
En janvier, le jeune et précieux label Baskaru a sorti d’un coup trois albums dont nous allons parler, à commencer par cette collaboration entre l’Australien Lawrence English et l’expérimentateur Francisco López. Le premier, responsable du label Room40, a toujours échappé à nos chroniques malgré des sorties chez Cronica ou déjà chez Baskaru, mais nous reviendrons sur Kiri No Oto sorti l’an dernier chez Touch. Croisé au gré de quelques compilations, le second est un véritable artiste sonore autour du minimalisme, des field recordings, musiques concrètes et des limites de l’audible.
Cet album est plus un split qu’une véritable collaboration, puisque les deux artistes ont travaillé séparément, mais sur des sources sonores communes. Plus précisément, l’album s’ouvre avec une pièce de Francisco López que manipule l’Australien afin de produire la deuxième piste, et inversement pour les deux titres suivants. On est assez tenté ici de parler de non-music, et ce malgré le travail d’édition qui a suivi, tellement ces field recordings semblent naturels, simple succession de sonorités enregistrées.
Untitled #175 de Francisco López nous emmène en pleine jungle pendant un bon quart d’heure ponctué de piaillements d’oiseaux et de vrombissements de basses, monstrueux, inquiétants. Lawrence English reprend ensuite ce travail sous le titre Pattern Review by Motion et nous propose une version un peu plus courte, plus contrasté, enchaînant un quasi silence avec le bruitisme d’une sorte de pluie diluvienne, un hachage minéral et un jeu de filtre qui nous donne régulièrement l’impression de basculer d’un univers à un autre, l’un naturel et coloré, l’autre traité, trouble, assourdi.
Wire Fence Upon Opening, est cette fois entièrement le fruit du travail de l’Australien, mais étrangement il s’agit encore de petits piaillements d’oiseaux, frétillements de brindilles et autres bruitages d’insectes. On s’étonnera de voir Francisco López mettre cette source sonore en relief sur Untitled #204 et lui donner véritablement vie. Crépitement entre bruit de feuillage et feu de bois, piaillements d’oiseaux et micro-bruitages d’insecte, puis variations sonores liées au tourbillon du vent pour finir par des infrabasses et micros grésillements.
On ne conseillera pas cet album à n’importe qui. Jouant sur les contrastes entre sonorités et traitements sombres sur des field recordings printaniers avec une rigueur et d’un minimalisme austère, cet album est à réserver aux fans des deux artistes.
le 25/04/2009