du 21/04/2009 au 23/05/2009
Fondation d’entreprise Ricard,
Paris
Depuis plusieurs années, on suit régulièrement et avec grand intérêt les travaux de Pierre Ardouvin, d’expositions collectives en présentations personnelles à la Galerie Chez Valentin. Ses œuvres se distinguent toujours par leur caractère immédiatement appréciable, sans nécessiter un bagage artistique certain, et, ceci expliquant cela, l’utilisation récurrente d’objets du quotidien et de références à la culture populaire.
Pour son exposition à la Fondation d’Entreprise Ricard, le Français reprend ces fils conducteurs, dénués de tout cynisme à l’égard de ces évocations populaires et plutôt empreints d’une volonté de les décontextualiser pour les confronter au tragique. Ainsi s’agit-il de mélanger légèreté joyeuse du quotidien et vision plus morbide : Winnie l’Ourson jouxtant une tête de mort dans une moderne vanité (Sans Titre), une guirlande lumineuse accrochée sur une palissade prophétisant la fin du monde (La fin du monde) ou des mobiles-jouets représentant des têtes de fantômes dans lesquels du linge pend des orbites oculaires et buccaux (Soupe de têtes de fantômes). Cette étrange ambiance se trouve de surcroît accentuée par l’éclairage mystico-macabre d’un espace aux fenêtres duquel des films transparents rouges ont été disposés.
Pour autant, tout laisse à penser que, de la même manière que son appropriation des mythes populaires ne se teinte de cynisme, Pierre Ardouvin n’est pas dupe de cette dimension funeste. Plusieurs éléments lui permettent ainsi de constamment créer un décalage kitsch ou ridiculisant : un cadre représentant un berger allemand ici (Dior) ou une structure gonflable formée de grosses bulle noires là (La Chose) qui, par son gigantisme, en vient à perdre tout caractère effrayant (comme les têtes de fantômes n’ont rien de menaçant, en raison du linge coloré qui les accompagne).
le 29/04/2009