(Annexia Rec)
00/12/2007
Electronique
Ambient / Electronica / Glitch

Ambient / Annexia Rec / Arden / Christophe Bailleau / Electronica / Glitch
Alors que l’on parlait il y a peu de sa collaboration avec Neal Williams chez Fenêtre Records, nous revenons ici sur un précédent album solo de Christophe Bailleau publié sur la structure toulousaine Annexia (dUX, Mondkopf, Thomas Bel). C’est l’occasion de se concentrer sur le travail de ce français exilé en Belgique, que l’on croisait généralement sous forme de collaboration avec Won ou encore au sein de Arden.
Cet album solo est donc l’occasion d’apprécier le travail du français à sa juste valeur. Si l’on avait une petite idée de sa part du travail avec Won ou Neal Williams, des artistes venus d’univers très différents du sien, on se demande à l’écoute de ce Villégiature pourquoi il n’a pas eu le succès qu’il mérite, à la manière de Sogar il y a quelques années, avec qui il partage quelques points communs, outre le fait de se retrouver ensemble au sein de Arden. L’ensemble de l’album provoque un étrange sentiment d’attachement qui semble être lié à un subtil équilibre entre une certaine poésie et un univers dérangé, perturbé, déformé, fourmillant de bruitages mystérieux.
Concrètement, la musique de Christophe Bailleau émerge de nappes douces et fracturées. Minimalisme ambient de nappes limpides, brèves cassures qui nous donnent l’impression de traverser des univers parallèles, croisements fissurés, crissements mécaniques, Artifices est un immense télescopage, un joyeux et vivant zapping où se croisent électronique et acoustique. Généralement traitées par l’ordinateur, les sonorités acoustiques ou field recordings apparaissent parfois dans leur plus simple appareil. Sublime finesse d’une guitare parsemée de micro-bleeps aquatiques et crépitants (Colchique), guitare acoustique saupoudrée de bruitages granuleux sur le très folktronica La Pimprenelle ou un piano qui vient éclaircir des pièces un peu sombres comme le dense et granuleux, quasi industriel Martine et la Sonde ou le très abstrait et inquiétant Pastoral.
Christophe Bailleau croise les techniques pour un résultat plus complexe qu’il n’y paraît, faisant appel de temps à autre à des field recordings discrets, ou des inserts-collages proches d’une musique concrète, mais aussi à des sonorités purement électroniques comme ces basses ambient rappelant un vieux titre d’Autechre en introduction du morceau titre.
Équilibre parfait, subtile dosage entre expérimentations électroacoustiques et poésie sonore, ce Villégiature est un magnifique voyage bucolique et numérique.
le 02/05/2009