(Baskaru / COD&S Distribution)
27/01/2009
Electronique

Ambient / Baskaru / Ethan Rose / Small Sails
C’est la première fois que l’on parle d’Ethan Rose qui n’en est pourtant pas à son premier essai puisqu’il s’agit de son troisième album après Ceiling Songs et Spinning Pieces tous deux sortis chez Locust Music. On pouvait entendre un de ses titres sur la BO du Paranoid Park de Gus Van Sant, mais c’est en temps que membre de Small Sails qu’on l’avait déjà croisé avec leur album Similar Anniversaries chez Resonant.
Concept album : Oaks fait référence au Oaks Park Skating Rink, une piste de roller faisant partie d’un parc d’attraction à Portland (Oregon) d’où Ethan est originaire. C’est là qu’un mythique orgue de cinéma Wurlitzer de 1926 connaît une seconde vie, permettant aux skaters de patiner en musique. Tous les sons de cet album proviennent de cet orgue, puis ont été manipulés, traités par ordinateur et effets, donnant à ce vieil instrument une nouvelle jeunesse. La pochette, une aquarelle de Boyd Richard illustre joliment le concept, des skaters patinant autour d’une sorte de sculpture reprenant les tubes et touches d’un orgue.
Difficile, voir impossible de retrouver là le son d’un orgue. Cet instrument avait déjà la faculté de reproduire toute sorte de sonorités, cordes, cuivres et même de nombreuses percussions qui semblent subir ici des manipulations extrêmes. Notes électroniques éparses incitant à la contemplation, accompagnement chaleureux, et globalement un son clair que l’on croirait d’origine acoustique avant que les machines ne viennent fragmenter et salir les mélodies aériennes de On Wheels Rotating. Aujourd’hui l’électronique permet à peu près tout, et Ethan Rose trompe régulièrement l’auditeur. Difficile en effet d’imaginer que tous les sons proviennent de cet orgue, difficile de croire qu’il n’a pas ajouté quelques field recordings sur Rising Waters tellement on a l’impression d’entendre des gouttes d’eau, insectes et autres caquetages d’oiseaux.
L’ensemble de l’album est en pleines terres ambient, tendance abstraite et lumineuse aidé en cela par l’utilisation régulière de sonorités métalliques, cliquetis, tintements ou résonance sur Mighty Mighty. Tout juste notera-t-on ici une sorte de souffle sourd, une respiration inquiétante, et le ton un peu plus grave de Fortunate ou Bottom, deux pièces basées sur de longues nappes graves oscillantes, flottantes et apaisantes.
Alors que l’album se termine, on réalise que derrière cette douceur se cache une certaine poésie, une délicatesse aussi, et malgré le traitement par l’électronique, un véritable hommage à ce vieil orgue.
le 09/05/2009