(Ahornfelder / Import)
15/10/2008
Electronique

Ahornfelder / Drone / Electroacoustique / Greg Davis / Musique Concrète / Sébastien Roux
Artistes que l’on suivait jusque là régulièrement sur ces pages, le temps semble nous avoir un peu éloigné de leurs productions. C’est surtout le cas de Greg Davis que l’on n’a plus croisé depuis 2005, tandis que Sébastien Roux semble déborder d’activités et projets puisqu’on avait pu le voir avec Vincent Epplay en début d’année avec qui il vient de sortir un album chez Brocoli sur lequel nous reviendrons prochainement. Ces Merveilles représentent la deuxième collaboration entre les deux artistes, faisant suite à leur Paquet Surprise publié chez Carpark en 2005.
Que s’est-il passé en quatre ans ? Les deux hommes semblent avoir peaufiné leur formule consistant a mêler drones ambient et éléments concrets, avec toujours une démarche expérimentale, une volonté de surprendre, à l’image de la courte ouverture purement bruitiste que constitue la petite minute de Geneva. Le reste de l’album est composé de quatre longues pièces de 11 à 17 minutes, toutes plus ou moins construites sur le même principe, s’appuyant sur des enregistrements de leur tournée commune en 2005-2006. On démarre de manière très expérimentale, proche d’une musique concrète qui s’appuierait sur des field recordings avec un résultat qui pourra paraître bucolique sur London (insectes, souffles dans les branches, goutte d’eau) ou industriel sur San Francisco avec son ouverture bruitiste, ses multiples entrechocs et grincements métalliques. Mais quelle que soit la matière première, aussi brute soit-elle, les deux hommes la tranforment, la sculptent, la domestiquent, adoucissant le magma sonore jusqu’à l’obtention de longues plages faites de nappes et drones envoûtants. En fonction de la matière première, le rendu de ces drone change, comparable à un mélange de basses nasillardes et de résonance de cymbales sur London, à un oppressant chœur métallique et bruitiste sur San Francisco, ou a des orgues lumineux sur Eugene avant que Greg Davis ne prenne sa guitare pour y apporter une dimension folk.
Les deux hommes venant d’univers différents, on distingue parfaitement les marques de chacun d’eux, collages folk et déconstructions contemporaines que l’on pourra trouver parfois un peu cliché tellement on a l’impression d’y entendre le son GRM ou IRCAM. La réussite du disque réside donc bien dans la fusion de tous ces éléments, créant un réel pont entre ces deux mondes, de manière plus subtile même sur Aalst.
Après Carpark, la suite des aventures de Greg Davis et Sébastien Roux trouve logiquement sa place chez Ahornfelder, le label allemand nous ayant habitué à ce mélange de sonorités concrètes et de musique plus acoustique. Si l’ensemble est agréable, surprenant par endroit, on pourra en revanche lui reprocher un certain systématisme et ce manque d’un petit quelque chose pour adhérer pleinement.
le 25/06/2009