Siestes Electroniques 2009 : Alva Noto / Suicide Club / Fukkk Offf

 date du concert

25/06/2009

 salle

Théâtre Garonne,
Toulouse

 tags

Alva Noto / Carsten Nicolaï / David Coste / Festival des Siestes Electroniques 2009 / Théâtre Garonne

 liens

Carsten Nicolaï
Alva Noto
Théâtre Garonne
Festival des Siestes Electroniques 2009
David Coste

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C’est donc parti pour une nouvelle édition des Siestes Électroniques, et pour la sixième année consécutive EtherREAL descend dans le sud afin de faire un break musical et ensoleillé. Si le soleil n’est pas encore très franc en ce jeudi, on ne lui en voudra pas trop, on lui laisse encore deux jours pour arriver puisque le festival débute au Théâtre Garonne. Comme tous les deux ans environ, les Siestes explorent de nouveaux lieux, et après les extérieurs de la cour de la DRAC, on revient cette année à un prélude en salle. Deux salles sont prévues, l’une avec gradin permet de bénéficier d’un certain confort et de se retrouver dans une situation habituelle aux prestations d’Alva Noto. La deuxième salle permettait ensuite, dans une configuration club dédiée au label Dga Fäu records, d’aller danser sur les beats de Suicide Club et Fukkk Offf.

On est donc à Toulouse, ca se déroule à la cool, et en tant que parisien stressé on arrivé pile poil à 20h pour ne rien rater du concert d’Alva Noto. Oui mais en fait à 20h30 tout le monde est encore à l’extérieur à profiter des derniers rayons du soleil en prenant un verre, donc on fera de même, et on calera notre montre sur le fuseau horaire toulousain.

Alva Noto

Le programme ne faisant aucune mention de la performance d’Alva Noto, on craignait un peu d’avoir affaire une fois de plus à la pièce Xerrox avec laquelle l’Allemand tourne sans cesse. Les premières projections nous envoient le ’U’ stylisé de la pochette de son album Unit XT, nous rassurant quant à la teneur du concert. On retrouve tout de suite son electronica cliquetante, voire même percutante tellement le son nous paraît énorme, avec même un petit passage aux sonorités kraftwerkienne provoquant quelques applaudissements dans la salle... Alors qu’elle est habituellement purement instrumentale, la musique d’Alva Noto est ici enrichie de la voix du poète Anne-James Chaton déjà présent sur l’album, mais virtuellement présent ici puisque samplé pour le live, énumérant des nombres d’une voix monocorde et mécanique. On sera ensuite surpris par la dureté de ce set. Après les habituels clicks et basses sèches et percutantes, quelques bleeps aigus, ce sont des textures bruitistes qui font leur apparition, venant un peu brouiller les rythmiques et apporter une dimension finalement rock’n roll à ce set.
Après une petite heure, les lumières se rallument mais le public en redemande et Carsten Nicolaï ne se fait pas trop prier pour venir faire un petit rappel. Les visuels faisant partie intégrante des prestations d’Alva Noto, on notera quelques changements de style et surtout un systématisme assez vite lassant. Quelques passages minimalistes à base de lignes horizontales, une synchro image/son toujours aussi forte, mais on gardera le souvenir de visuels assez pauvres, manquant de renouvellement, avec tout au long du concert avec un amas de lignes colorées et clignotantes.
On sortira de là tout de même content d’avoir vu cette présentation live de Unit XT qui manquait à notre palmarès de concerts d’Alva Noto.

Le temps de prendre un peu l’air et on avait ensuite le choix entre Suicide Club et des projections de vidéos proposée par la structure toulousaine Annexia dont nous avons déjà parlé sur ces pages (organisation de concert à Lieu Commun, label).

Suicide Club

On commencera par Suicide Club devant un public déjà acquis à leur cause pour au moins une raison, il s’agit d’un duo toulousain. Musicalement ça tabasse pas mal, ça va droit au but, tantôt minimaliste entêtant, tantôt gentiment chiant à force de jouer sur des clichés, le tout avec un petit côté animal de foire avec leurs masques de Fantomas qu’ils enlèveront au premier problème technique. Ça doit pouvoir le faire en club, mais le public ne semblait pas être le bon ce soir puisque mis à par les groupies, le public rentrait pour venir voir ce que c’était, restaient 5-10 minutes et repartaient.
Un peu plus tard, c’était au tour de Fukkk Offf d’essayer de mettre le feu au dancefloor, et on sera un peu plus convaincu. Moins de cinéma, un son plus profond, plus direct, mais jouant aussi la facilité avec un abus de filtre.

Entre ces deux sets on passa donc voir les vidéos de David Coste proposée par Annexia. Deux travaux sont présentés sous forme de long plan séquence un peu mystérieux avec leurs gros plans à la mise au point approximative, puis s’éloignant lentement pour révéler l’ensemble de la scène. Si on se demande ce que l’on voit en gros plan, perturbé par une bande son qui semble nous donner une fausse piste, le plan large soulève d’autres questions devant ces lieux improbables, une symétrie trop parfaite entre deux bâtiments, une rocaille recouverte de mousses et plantes de synthèse : réalité ou trucage ? Quelle est la part de réel et de fictif ?... le doute persiste et c’est la grande force du travail de David Coste.

En sortant du Théâtre Garonne, un autre doute semble occuper quelques esprits. Michael Jackson serait mort, du moins hospitalisé, rien d’officiel pour l’instant et là une personne soulève une question : Michael Jackson a-t-il réellement existé ?
Décidément ces Siestes Électroniques soulèvent trop de questions, difficile de dire si les trois jours qu’il nous reste suffiront à élucider tous ces mystères !

Fabrice ALLARD
le 26/06/2009

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