26/06/2009
Théâtre Garonne,
Toulouse
Cédrick Eymenier / Festival des Siestes Electroniques 2009 / The Eternals (Fr) / Théâtre Garonne
Bon alors en ce vendredi c’était officiel, Michael Jackson, le "roi de la pop" est mort. La place du trône est donc libre et ce soir au Théâtre Garonne la soirée était sur le papier un peu plus colorée que la veille. Alors ? Ariel Pink va-t-il essayer de prendre la place du trône ?
On a beau avoir mis notre montre à l’heure locale, ce soir c’est rock’n roll jusque dans l’organisation. On a le temps de prendre un verre, admirer le public qui arrive tout doucement et qui n’a pas grand chose à voir avec celui de la veille. On pourra regretter ce cloisonnement.
C’est vers 21h10 que débute le live d’Ariel Pink en formation élargie dans le cadre d’une tournée mondiale, véritable groupe avec batteur, guitaristes, bassiste et clavier. Le démarrage est un peu chaotique, à se demander si le concert a vraiment débuté... chaque musicien esquisse quelques notes, Ariel quitte la scène, certainement pour aller chercher quelque chose qu’il aurait oublié, bref, on ne comprend pas trop ce qui se passe. Et puis il revient avec son attitude un peu jemenfoutiste, déglingué, rock’n roll quoi... On ne connaissait Ariel Pink que de nom, peu intéressé rien qu’à l’idée de les voir signés chez Paw Tracks, label d’Animal Collective. C’est en effet pas vraiment notre tasse de thé. Ballades pop, rock FM 70s, la première référence qui nous vient à l’esprit sont les Beach Boys. C’est léger, ensoleillé, mais approximatif, donnant l’impression de mener son live un peu par dessus la jambe. Le public est partagé, avec des fans admiratifs et l’impression que certains prennent ça pour du foutage de gueule, lançant leur gobelet sur la scène et commençant à créer une certaine tension dans la salle... on se demandera si c’était du lard ou du cochon, une partie du public restant près de la scène, prête à se lancer dans un duel déjà calculé avec l’artiste.
Les chansons s’enchaînent et se ressemblent. Ariel joue les adolescentes frivoles avec son sac à main qu’il ne quittera pas de tout le concert, petite jupe blanche qu’il tente de faire tourner, se plaçant même juste au dessus d’un ventilateur qui soulève celle-ci, ajustant régulièrement sa chevelure. Certain trouveront tout ce cirque amusant, d’autres tout simplement affligeant. C’est clair, ce n’est pas tout à fait le même esprit que le concert d’Alva Noto la veille, et on est là dans la légèreté. Comme on s’y attendait un peu, après quelques chansons, une bonne partie du public vient danser devant la scène, transformant le Théâtre Garonne en une sorte de boite de nuit psychédélique.
Public globalement satisfait, donc rappel, et là Ariel revient sur scène avec un de ses musiciens façon moonwalk en hommage à Michael Jackson, un peu un passage obligé en ce jour. Quant à nous, on pourra dire que l’on a testé Ariel Pink, et il y a peu de chance que l’on y revienne.
Comme la veille, le reste de la soirée n’était pas vraiment fait pour nous. On ira quand même jeter une oreille à Anoraak qui fut plutôt une agréable surprise. Enfin disons le tout de suite, on est arrivé lors d’un passage instrumental, plutôt bien fichu, amenant petit à petit ses jolies sonorités électro-sucrées, ses éléments rythmiques accrocheurs, bref Anoraak sait comment tenir son public en haleine, maîtrise ses relances, il n’y a rien à redire là dessus. C’est généralement hyper dansant, avec un son gentiment rétro lorgnant sur les années 80, mais on sera nettement moins convaincu dès qu’il se met à chanter, avec une voix en retrait par rapport aux machines, douce, et s’intégrant mal à la musique. Pour situer le genre, on pensera à DMX Krew pour le côté dansant et GD Luxxe pour cette pop sucrée.
On reviendra un peu plus tard pour jeter une oreille sur The Eternals. Plus que house comme annoncé sur le programme, c’est une techno lourde et sèche qui nous est livrée, transformant le Théâtre Garonne en véritable club en ce vendredi soir.
Entre ces deux lives soniques, on préférera aller dans la grande salle où comme la veille, Annexia proposait des vidéos. Ce soir c’était un film assez envoûtant de Cédrick Eymenier le douzième de sa série Platform#, filmé à Tokyo. Il s’agit d’une ballade architecturale fluidifiée par le suivi de ses lignes de transport, transformant presque une banale ligne de tramway en un manège à sensation, sur les musiques enveloppantes de Akira Rabelais, Oren Ambarchi et Taylor Deupree. Magique ! (et extrait en bonus).
P≠12 Tokyo (trailer) from Coriolis void on Vimeo.
le 27/06/2009