du 19/06/2009 au 19/07/2009
Lieu-Commun,
Toulouse
Carsten Nicolaï / David Brunner / Festival des Siestes Electroniques 2009 / Katie Paterson / Lieu-Commun / Morgane Tschiember
Carsten Nicolaï
Festival des Siestes Electroniques 2009
Lieu-Commun
David Brunner
Morgane Tschiember
Katie Paterson
Dans le cadre des Siestes Électroniques toulousaines, Lieu-Commun proposait une exposition intitulée Mutisme(s), axée sur le son comme source d’inspiration mais n’en produisant généralement pas. Lieu-Commun est un espace d’art contemporain produisant expositions, concerts et résidences où se retrouvent diverses associations locales comme ALaPlage, Annexia, Volksystem, celles-ci collaborant régulièrement avec Rotation (à l’origine des fameuses siestes) sur l’organisation de concerts.
On ne sait pas si un trajet était préconisé pour faire le tour de l’exposition, mais en ce qui nous concerne on commencera par les œuvres les plus éloignées en se dirigeant petit à petit vers la sortie, certainement pas le plus logique mais celui qui nous permet de débuter par Carsten Nicolaï, intrigué par son travail plastique alors que l’on ne connait de lui que la musique. Comme sa musique, l’installation Wellenwanne est plutôt minimaliste : 4 haut-parleur à même le sol qui servent de support à une plaque de métal recouverte d’eau. Lorsque le son se fait entendre, la plaque semble entrer en résonance, transformant les ondes sonores en ondes visuelles à la surface de l’eau. Le résultat est étonnant, créant diverses textures à la surface du liquide tandis que sont exposées des photos représentant le même phénomène en remplaçant l’eau par du lait. Changement de densité et par conséquent rendu graphique quelque peu différent.

_ En raison d’un certain attachement à l’Islande, on s’attardera un peu sur le travail de l’écossaise Katie Paterson dont le travail mêle art et science. Lors d’expéditions en Islande elle a procédé à des enregistrements de sons de glaciers et elle a récolté de l’eau provenant de la fonte de ces 3 glaciers. De ces matériaux elle a réalisé trois disques de glace reprenant ces enregistrements. Ils ont ensuite fait l’objet d’une performance unique lors de laquelle les trois disques ont été lus par trois platines jusqu’à la fonte complète de ceux-ci. L’installation ici présentée consistait simplement en trois moniteurs diffusant le même gros plan sur les trois platines, reproduisant ainsi la performance qui nous rappellera le travail de platinistes tels que Janek Schaefer ou Philip Jeck, mais aussi les field recordings de Chris Watson avec une sensibilisation environnemental.
Difficile ensuite de passer à côté de la fresque murale de David Brunner entre pop et minimalisme graphique, ajoutant une petite interaction avec les visiteurs par le biais de miroirs. On rapprochera ces formes rappelant le dessin d’ondes sonores au tableau de Morgane Tschiember sobrement intitulé Sample et reproduisant la visualisation d’un échantillon sonore via une immense plaque de bois laqué qui semble avoir été déchiquetée.
On passera un peu plus rapidement sur les sculptures absurdes d’Anthony Duchêne qui feront tout de même sourire, en apparence des jouets musicaux mais en réalité incapables de produire le moindre son (haut-parleurs non connectés, faux sifflets), et l’Antenna Project de Damien Sorrentino Florentz qui nous paraitra un peu vain. Certes, cette antenne censée brouiller les ondes sonores est imposante, mais on se sentira frustré par l’absence complète d’interaction possible. On préfèrera le travail graphique de sa tapisserie réalisée uniquement par des dessins de clés de Fa.
_ On terminera par notre coup de cœur, à savoir la Flying Tape de Zilvinas Kempinas. D’une simplicité étonnante (4 ventilateurs, une bande magnétique) pour un résultat un peu magique avec cette bande magnétique qui vole dans les airs, indéfiniment, donnant l’impression de danser sur une musique inaudible, comme si l’on nous donnait à voir le contenu de cette bande magnétique.
le 02/07/2009