04/07/2009
Les Voûtes,
Paris
David Fenech / Faust / Les Voûtes / Pascal Comelade / Richard Pinhas
À l’occasion de la sortie de la compilation "Assemblage de Pièces Comeladiennes du plus bel effet", les musiciens qui y participent poursuivaient leur hommage à Pascal Comelade en jouant ensemble.
Chapi-chapo et ses amis sont les premiers à se produire ce soir. La filiation avec Pascal Comelade est évidente : les instruments-jouets sont omniprésents sur scène. Ils sont quatre à se refiler tambours, ukélélés et mirlitons, pendant qu’un cinquième apporte un peu de sérieux en jouant la mélodie des morceaux à la guitare. La musique ne cache pas son origine modeste et reste ludique. Heureusement les musiciens et les instruments sont assez nombreux pour donner une impression de foisonnement. On ressent pourtant une profonde différence avec Comelade, qui utilise des instruments-jouets pour créer de vraies chansons, pas des chansons-jouets.
Lorsque c’est au tour de Général Alcazar (Patrick Chénière) de jouer, il est bizarrement rejeté en fond de scène, alors qu’une partie des
musiciens de la soirée emmenés par un Jac Berrocal à l’équilibre
instable, occupe l’avant-scène le temps d’une chanson. Après cette
entrée en matière tonitruante, le général et sa guitare reviennent au
premier plan, épaulés par Comelade au piano-jouet. Une chanson,
quelques comptines instrumentales et une dernière chanson, ce concert
sera à l’image de la soirée et laissera un sentiment de frustation :
tout cela ne dure pas assez longtemps, et on reste sur sa faim (note
pour le futur : retourner voir Alcazar la prochaine qu’il joue plus au
nord que Toulouse).
Un des concerts attendus (car n’ayant pas vocation à se reproduire) de
la soirée était la rencontre de Berrocal, Ghédalia Tazartès et David Fenech. Il y aura de beaux moments, principalement quand chacun était dans son rôle, Berrocal à la trompette, Tazartès enchaînant les mélopées, et Fenech à genoux devant ses petits instruments apportant
la touche comeladienne. Les moments où ils s’aventurent à jouer d’autre chose que leur instrument de prédilection sont en revanche plus flottants, ce qui est sûrement à mettre sur le compte du leitmotiv de la soirée : les prestations ne durent pas assez longtemps pour que tout ce qui constitue un concert (un groupe, un public, une ambiance...) aient le temps de se mettre en place.
Richard Pinhas avait prévu le coup, et fait dans l’ultra-court, avec
une sorte de monolithe bruitiste, qui révèle peu à peu (mais vite fait
quand même) ses multiples couches. On passe ensuite sans temps mort à
Faust, gens qui ont l’air trés sympathiques, et dont on aimerait
apprécier plus la musique : pourtant les scansions de texte militant
nous touchent peu, le style semble d’une autre époque, ce qui est
d’ailleurs le cas pour nous qui ne les avons pas connus à leurs
débuts. À mi-concert cependant ils entendent nos souhaits et changent
pour un registre plus proche de la musique improvisée et lancinante.
le 10/07/2009