du 21/03/2003 au 30/03/2003
Maison des Arts,
Créteil
Pour la vingt-cinquième édition du Festival International du Film de Femmes de Créteil, l’organisation fut, encore une fois, parfaite et la Maison des Arts toujours aussi accueillante et frémissante. Pourtant, les longs-métrages de fiction proposés ne furent pas à la hauteur. Au sein d’une sélection bien faible (pour ce que nous en avons vu), One Night Husband ressortit assez facilement comme le meilleur film du festival, mais fut étrangement absent du palmarès.
Partant de l’histoire d’une jeune mariée cherchant son époux disparu le matin de la nuit de noces, le film de la réalisatrice thaï Pimpaka Towira, déjà remarqué il y a un peu plus d’un mois à la Berlinale, en vient à remettre en question la condition de la femme asiatique. Après une première heure qui peine par quelques longueurs, la seconde est nettement plus enlevée, flirtant entre plusieurs genres (thriller, sensualité). Si les rôles entre les deux principales protagonistes sont vites définis (femme battue et bourgeoise au top de la modernité), une lente évolution s’opère, appuyée par de subtils effets de caméra (mise en abyme, regards via un miroir). On notera également une belle inventivité visuelle (les flashes-backs sont, par exemple, insérés dans l’action, superposant présent et passé) et une image soignée par le biais d’un classieux filtre bleu.
Outre cette indéniable réussite, on mettra en exergue Il Piu Bel Giorno Della Mia Vita (Le Plus Beau Jour de Ma Vie) de Cristina Comencini. Cette chronique familiale italienne douce-amère bien qu’assez classique (une femme n’arrive pas à choisir entre son mari et son amant, son frère ne parvient pas à avouer son homosexualité à leur mère, sa sœur a du mal à refaire sa vie après la mort de son mari, sa fille découvre les plaisirs de la chair, etc…) s’en sort plutôt bien par sa justesse de ton, son humour et son absence de prétention. Toutefois, on est surpris de le voir remporter à la fois le prix du jury et le prix du public, d’autant plus que One Night Husband ne recueille aucun prix.
Et ce fut à peu près tout. Pour le reste, on eut le droit à Acosada en Lunes de Carnaval (Les Lundis de Carnaval) de la vénézuélienne Malena Rancayolo, évocation baroque et fantastique des ravages d’une dictature militaire dans un petit village, à travers les yeux d’une fillette d’une dizaine d’années. Si certaines scènes évoquèrent La Racine du Cœur de Paulo Rocha, l’ensemble parut globalement bien terne.
Autre film sud-américain et encore une histoire de famille avec El Juego de la Silla (Les Chaises Musicales) de l’argentine Ana Katz, où le fils aîné, vivant au Canada, vient passer 24 heures dans son foyer. Insignifiance générale, paresse de mise en scène et longueurs auraient, peut-être, pu être quelque peu oubliées si certaines bonnes idées avaient été davantage exploitées (comme le contraste entre le fils à la culture américanisée et celle, demeurée latine, du reste de sa famille).
Cette étude des contraires est, à l’inverse, beaucoup trop soulignée et amplement trop signifiante dans Discombobbled (Déboussolée) de Xiao-Yan Wang, au cours duquel on suivait le parcours d’une étudiante chinoise en arts plastiques venue s’installer en Californie et tiraillée entre ces deux cultures, entre son petit ami de Pékin et celui de San Fransisco. Enfin, on vit This Is Not a Love Song de la britannique Bille Eltringham, film de sortie de prison et de cavale rythmé par la chanson de P.I.L. et assez vite ennuyeux.
le 04/04/2003