Roland Schimmelpfennig
Michèle Foucher
du 15/06/2003 au 20/06/2003
Théâtre de la Colline,
Paris
Pièce de clôture de la petite salle du Théâtre National de la Colline, Avant/Après, succession de cinquante et une saynètes du dramaturge allemand Roland Schimmelpfennig, nous convainc nettement plus que Dynamo, qui terminait la saison de la grande salle.
Juxtaposition de « moments de vie », instants capturés de l’existence d’une trentaine de personnages, Avant/Après était condamné, par essence, à être inégal. C’est, en effet, le cas : certains passages sont réellement captivants, d’autres laissent sur leur faim. On apprécia, de fait, beaucoup, les montages parallèles des relations adultérines d’un couple qui se séparera ensuite, pour mieux se retrouver à la fin ainsi que l’histoire de cet homme qui pénètre un tableau pour se replonger à l’époque de l’industrialisation.
Composant une galerie de personnages immédiatement familiers, les comédiens (parmi lesquels on trouve aussi bien des professionnels que des amateurs, les premiers ressortant, sans problème, du lot) incarnent plusieurs rôles, voire, dans une mise en abyme schizophrénique, un protagoniste endossant, lui-même, plusieurs personnalités.
La force principale de la pièce (outre une remarquable scénographie et une très bonne utilisation de l’espace - les comédiens allant jusqu’à jouer dans les cintres du théâtre -) est de morceler la narration, de mélanger épisodes s’étalant sur plusieurs saynètes et « one shots » parfois à la limite du burlesque. Le continuum dramatique, ainsi brisé, en ressort, étrangement, grandi, comme dans un feuilleton à épisodes où on ne sait si celui que l’on vient de voir est le dernier ou si une suite surviendra après quelques saynètes autres.
le 25/06/2003