Gengis parmi les Pygmées

 auteur

Grégory Motton

 metteur en scène

Thierry de Peretti

 date

du 24/03/2004 au 30/04/2004

 salle

Théâtre du Vieux-Colombier,
Paris

 appréciation
 tags

Grégory Motton / Théâtre du Vieux-Colombier

 liens

Théâtre du Vieux-Colombier

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Reprenant les personnages principaux d’une de ses précédentes pièces (Chats et souris (moutons)), Grégory Motton livre avec Gengis parmi les Pygmées une charge féroce contre le capitalisme et la société de consommation.

Dès l’incipit, Gengis est proclamé « roi de notre autrefois grande nation » et s’empresse de mettre ses désirs à exécution pour générer de plus en plus de profit en créant des besoins propres à appâter les consommateurs potentiels (lancer la mode de la pendaison chez les 7-12 ans pour vendre des nœuds coulants, créer une marque de café « arc-en-ciel », etc…). Se servant de Gengis à la fois comme vecteur idéologique et comme repoussoir, Grégory Motton dénonce notre société actuelle, se voulant délibérément cynique, acide et impitoyable. Critiquant aussi bien l’impérialisme américain que la course aux nouvelles technologies, le progrès incessant ou l’asservissement des pays du tiers-monde, le dramaturge anglais cisèle de courtes scènes particulièrement incisives, flirtant malheureusement parfois avec le scatologique ou un certain humour trash plutôt lourdaud.

Si les thèmes abordés pourraient l’apparenter à un Rodrigo Garcia grand-breton, l’approche des deux auteurs est cependant très différente. Là où l’argentin opte pour un théâtre qui passe davantage par le visuel et l’odorat, le britannique mise beaucoup plus sur le texte, se contentant de quelques scènes gentiment outrancières (masturbation contre un ordinateur, inceste simulé) qui tournent vite au grand-guignol, notamment grâce à la désopilante prestation de Guillaume Gallienne en travesti. Passés les deux premiers tiers de la pièce, les scènes se font plus longues, l’action, comme les usines de textile, se délocalise(nt) et le propos perd de sa vigueur en se noyant dans des redites et considérations simplificatrices. Restent une distribution impeccable et une mise en scène au diapason.

François Bousquet
le 06/05/2004

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