du 31/08/2005 au 13/09/2005
Forum des Images,
Paris
Manderlay, de Lars Von Trier
Avec Manderlay, Lars Von Trier reprend les mêmes ingrédients que pour Dogville : dispositif scénique minimaliste et évocateur, voix-off omnisciente, cynisme et nihilisme chevillés au corps. Si le sentiment final s’avère, par conséquent, relativement proche, Manderlay se distingue de Dogville en ce qu’il est moins sombre que ce dernier, aussi bien dans ses scènes les plus dures que dans les rapports humains mis en jeu (difficile d’en dire davantage sans dévoiler l’intrigue). De la même manière, l’impression (pas forcément désagréable) d’avoir été manipulé par le Danois pendant tout le film persiste jusqu’aux grandiloquentes photos projetées à la fin sur fond de David Bowie. Un peu pataude, la charge anti-états-unienne se révèle donc plutôt probante et on ira sans doute voir le dernier volet de la trilogie.
L’accordeur de tremblements de terre, de Stephen Quay et Timothy Quay
Une cantatrice, égérie d’un compositeur à succès, est enlevée par un admirateur. Il la retient dans son domaine, où arrive bientôt un accordeur de pianos, qui découvre que ses talents sont requis pour s’occuper des automates du maître des lieux. Ce pourrait être le synopsis d’un film policier, et notre accordeur aurait pour mission de sauver la belle (Amira Casar joue la cantatrice). Mais voilà, c’est un film des frères Quay, et forcément ça va être dur de le mettre dans une case. Notre accordeur va bien s’éprendre de la prisonnière, et cherchera à la libérer. Mais elle-même se rappelle-t-elle de son passé ? Elle répète sans cesse le moment où elle disparût, et doit le rejouer dans un opéra. Les automates à accorder doivent l’être pour cette représentation, et le film tout entier semble converger vers ce moment, qui sera le trou noir du film. En attendant, une histoire essaie de se raconter, et les spectateurs essaient d’en mettre bout à bout les éléments. La tâche n’est pas facile, et le fragile édifice risque fort de s’écrouler dans le tremblement de terre du titre. Restent les plans, les décors et l’étrange poésie des frères Quay.
Dates de sortie :
Manderlay : 9 novembre 2005
L’accordeur de tremblements de terre : 20 septembre 2006
le 18/09/2005