(Annexia Rec)
00/12/2007
Electronique

Annexia Rec / Breakbeat / IDM / Vagestick Boy
On a assez souvent regretté de ne pas avoir en France d’artistes produisant une electronica post-warpienne, à moins que l’on soit passé à côté. Généralement avec une approche plus pop (Melodium), plus expérimentale (Gel :, KingQ4), ou penchant ouvertement vers le hip-hop (Debmaster, Agents Xi), le style semble finalement particulièrement anglais, avec un peu partout dans le monde de souvent trop pâles copies. Quelques noms se démarquent toutefois comme Fedaden qui a à son avantage une production régulière, Half a Rainbow découvert cet été et composé en 9th Cloud et Vompleud, et bien sûr Mondkopf qui est en train de décoller mais que l’on découvrait avec un premier album chez Annexia. La structure toulousaine est certainement l’une des plus tournée vers ce type de son, avec des artistes qui possèdent chacun leur teinte, langoureuse avec dUX, industrielles chez Somaticae, plus electro-acoustique pour Thomas Bel. Vagestick Boy trouve finalement bien sa place chez Annexia, avec ses rythmiques fracassées et ses nappes mélancoliques.
Dès les premières notes de Ping Pong Aspek, la filiation semble évidente : mélodies flottantes, présentes mais finalement distantes, rythmiques arides et syncopées, difficile de ne pas évoquer Autechre, période Tri Repetae. Heureusement, ce facile rapprochement se fait moins évident par la suite. On a l’impression que de toute manière ce type de son, froid, mécanique et déglingué fait de toute manière partie intégrante de Julien Berzi, et qu’il le décline ensuite sur des pièces plus personnelles, moins calibrées, à l’image du cinématographique Mercure Mélodique aux gargouillis rythmiques. On appréciera ensuite la structure des morceaux puisque Vagestick Boy se risque aux titres longs, la grande majorité s’étalant sur 7-8 minutes, mais jamais on a l’impression de répétition. Le jeune français maîtrise ses compositions, trouvant son équilibre dans le dosage de rythmique éprouvantes (on pensera même parfois à Venetian Snares) et d’amples nappes sur le magnifique Melalodie ou le tout aussi schizophrénique Viogrent Katapli.
La deuxième moitié de l’album, toujours composée dans le même esprit, est peut-être un peu plus variée puisque passé Galaxy, une sorte d’interlude aux sonorités plus enfantines (samples vocaux, instruments jouets), on trouve de longues plages ambient sur Panic Circus, des chants d’oiseaux sur un souffle inquiétant en introduction d’un Kimitsooko aux influences hip-hop assez marquées, pour finir par un Vagestick Toy complètement débridé, avec sonorités électroniques saturées sur rythmique quasi breakcore et délicats inserts vocaux, le tout entrecoupé d’étonnants passages ambient.
Se clôturant sur un Hyper Fragile arythmique composé de nappes minérales, Kimitsooko est un excellent album d’un peu plus d’une heure d’une musique très calibrée mais sans cesse mouvante, captivante.
le 08/08/2009