(Trumn / Import)
00/03/2009
Electronique

Trumn est un tout jeune label japonais créé par Hideho Takemasa qui débutait fort en mars avec la sortie simultanée de deux albums : Yui Onodera dont nous parlerons très prochainement, et Tamaru pour la première référence. De son vrai nom Shuichi Tamaru, le Japonais agé de 46 ans a déjà quelques années de pratique musicale, que ce soit en solo ou avec son groupe Installing avec Keiichi Sugimoto (Minamo, Fourcolor, Fonica). Il gère par ailleurs les labels 1040 et 1050 dont il se sert pour sortir une partie de sa production et autres collaborations.
Le projet solo de Tamaru est un peu plus extrême que ses collaborations puisqu’il se produit à la guitare basse en jouant principalement des drones lancinants. S’il n’aime pas le terme, il est tout de même difficile de ne pas parler d’ambient. Abstraction, linéarité et flottements sont quelques uns des éléments qui reviennent à l’écoute de ces 8 "figures" polaires. Parlons de l’objet tout d’abord, avec un travail particulièrement soigné réalisé par Ricks Ang et April Lee dont nous parlions récemment puisqu’ils forment aspidistrafly pour la musique et Kitchen. pour la partie label/webdesign. On a donc ici un simple carton très rigide plié en trois et rangé dans une pochette plastique, le tout au format DVD, avec une superbe illustration, traitement gris pastel d’une photo rendue quasiment abstraite et qui sied à merveille à la musique de Tamaru.
Cela fait dix ans que le Japonais a acheté sa basse et qu’il compose plus ou moins la même musique depuis, se produisant régulièrement en concerts improvisés avec pédales de volume et delay. C’est d’ailleurs ce type de performance, sous forme d’une session d’enregistrement, qui compose Figure. Si l’album s’ouvre sur une basse claquante (Torso), on se retrouve très rapidement avec un drone grave aux lentes évolutions, s’assourdissant, semblant ensuite se dédoubler sous forme de nappe métallique. La moitié des morceaux du CD se développent sur 8-11mn, jouant uniquement sur des oscillations et superpositions, soit une ambient minimale et contemplative, tel un jardin zen. Ronronnements aux teintes variées, on a souvent l’impression d’assister à un ballet d’avions dans le ciel (Plateau, Cathedral), certains se faisant particulièrement menaçant (Juju).
Sur les pièces les plus courtes, Tamaru torture un peu plus ses sonorités et tente de les mettre en relief. Rapides changements de niveau sonore sur Stream, denses frétillements sur Thought rappelant alors le bruit d’un hélicoptère, ou notes tronquées sur l’étonnant Room qui conclue l’album. Des pièces qui gagnent en richesse sans perdre de leur aspect contemplatif.
Un album tout en finesse et subtilité, à conseiller aux amateurs de peintures monochromes et paysages désertiques.
le 18/08/2009