(Optical Sound / Season of Mist)
00/03/2009
Electronique
Electronica / Folk / Glitch

Christophe Bailleau / Electronica / Folk / Glitch / Neal Williams / Optical Sound
Ceux qui nous suivent assidument l’auront certainement remarqué, on parle beaucoup de Christophe Bailleau depuis quelques mois alors que l’on avait tout juste évoqué son travail avec Won il y a deux ans, sorti conjointement par Eglantine Records et Carte Postale Records. En mai nous sommes revenu sur Villégiature, sorti deux ans plus tôt chez Annexia, et en avril on chroniquait sa collaboration avec Neal Williams sur le label norvégien Fenêtre Records. Il se trouve que l’on retrouve les deux hommes sur cette nouvelle production, orchestrée par le Français qui s’est entouré de quelques amis pour des collaborations hautes en couleurs !
Composé d’une douzaine de titres, l’album passe d’un univers à l’autre, enchainant instrumentaux et chansons interprétées par Neal Williams, Niko Hafkenscheid, Philippe Franck et Christophe Bailleau en personne. Quelque soit l’artiste convié, chaque morceau est construit plus ou moins sur le même principe, avec généralement une introduction typique du travail de Christophe Bailleau, soit une électronique dense et dérangée, puis la chanson prend le relai avec un traitement propre à l’artiste présenté, dans un format plus ou moins pop, suivi de longues conclusions sur lesquelles se lâche le Français.
On retrouve donc la folk de Neal Williams, sa voix douce, feutrée, des guitares claires accompagnée d’un harmonica (A Night of Real Recognition), d’un orgue sur le plus blues et éraillé The Ghosting Hour, boite à musique, mélodica, et guitare électrique très 70s pour conclure avec I’ll be There. On découvre ensuite Niko Hafkenscheid, jeune belge œuvrant dans un registre assez proche, et un style épuré puisqu’il se produit simplement avec guitare et voix. Très pop-folk donc, sur deux titres dont Christophe Bailleau semble se faire l’arrangeur par quelques inserts de bruitages sur Promised Land et montées de cordes sur Golden Sunset. Philippe Franck ensuite nous apparaitra comme un cas à part puisque directeur de Transcultures et responsable du reconnu festival CitySonics de Mons. On aborde avec lui des univers très différents, plus abruptes, à la fois plus électronique et plus rock avec des textes scandés façon cold wave sur Happy Deathday, et une voix passée au vocoder sur Dans ma maison.
Le reste est donc l’œuvre de Christophe Bailleau avec deux morceaux chantés, superbes. On sera surpris par une voix assez haut perchée, envoutante, avec des guitares limpides sur Walk the Curse, faisant un peu penser à Christophe sur The Secret Of Honey alors que le jeu de guitare est ici plus classique. Son travail contraste avec ses trois instrumentaux, envahis par une électronique qui vient écraser guitares et voix d’enfants sous des rythmiques métalliques et textures noisy (Chris’Forgery), des laptops bugués qui viennent hacher des nappes grésillantes (Capuce), et un style plus proche de l’acousmatique sur Resistance. Mais si en solo Christophe Bailleau est en territoire connu, on portera une attention toute particulière sur son apport aux chansons de ses compagnons de disque, sa façon de créer une ambiance, d’habiller les morceaux des autres, d’apporter une certaine ambigüité en lorgnant vers la noise pour conclure un titre folk, ou vers l’ambient quand Philippe Franck nous la joue rock.
Déjà conquis par le travail du Français, cet album ne fait que confirmer un talent indéniable.
le 26/08/2009